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#Industrie #JeuxVideo #Telecommunication #ALGERIE
Agence Ecofin
dimanche 1 novembre 2026 Dernière mise à jour le Dimanche 1 Novembre 2026 à 13:36

L’industrie mondiale du jeu vidéo représente un marché en croissance qui suscite des ambitions sur le continent africain. Plusieurs pays cherchent à se positionner pour en capter les retombées économiques.

Le gouvernement algérien veut s’appuyer sur Roblox, une plateforme mondiale de création et d’hébergement de jeux en ligne, pour former les développeurs locaux. L’initiative s’inscrit dans les efforts de structuration de l’industrie nationale du jeu vidéo, alors que les marchés africain et mondial offrent des débouchés en croissance.

Le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé, le 13 octobre, un accord de principe avec Roblox qui marque la levée de l’interdiction pesant sur la plateforme en Algérie. Selon le communiqué du ministère, la première phase du partenariat prévoit la mise en place d’un programme de formation aux compétences nécessaires pour concevoir et développer des jeux vidéo. Toutefois, les fonctionnalités de messagerie instantanée demeureront désactivées sur le territoire national tant que de nouveaux systèmes de sécurité ne seront pas finalisés.

La collaboration doit faciliter l’accès des participants au marché international, en tant que développeurs indépendants ou entrepreneurs individuels, et leur permettre progressivement de commercialiser leurs créations sur Roblox. La coopération prévoit aussi des initiatives de formation des jeunes à la création de contenus numériques, dont les modalités seront communiquées ultérieurement.

Des initiatives publiques et privées pour structurer la filière 

L’accord avec Roblox s’ajoute à plusieurs démarches déjà engagées en Algérie. En mars 2025, les ministères chargés de la Culture et de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises avaient réuni des représentants de start-up du secteur pour examiner les moyens de soutenir leur développement et de promouvoir le patrimoine culturel algérien à travers les jeux vidéo. L’Office national des droits d’auteur et des droits voisins devait contribuer à l’accompagnement juridique des acteurs sur les questions de propriété intellectuelle.

Le secteur privé contribue également à cet effort. Par exemple, le programme Gamers Lab, porté par Makers Lab, accompagne les studios et développeurs algériens dans le développement de leurs jeux, leur préparation au lancement, leur stratégie marketing et leur accès aux marchés internationaux. Il cible des projets déjà en production ou disposant d’un prototype fonctionnel.

En novembre 2025, le ministre de la Poste et des Télécommunications avait aussi rencontré les responsables de l’entreprise à l’origine de PUBG MOBILE. Les discussions avaient principalement porté sur l’adaptation des contenus au contexte algérien, les paiements en dinars, l’éventuelle installation de serveurs locaux et le soutien à des événements consacrés au gaming.

Un marché africain en croissance, au-delà des débouchés nationaux 

Selon Sid Ali Zerrouki, ministre de la Poste et des Télécommunications, les initiatives engagées par l’Algérie dans le secteur du jeu vidéo ouvrent des perspectives de coopération dans un marché dont les revenus mondiaux sont estimés à environ 323 milliards de dollars, contre près de 2,29 milliards de dollars pour le marché africain.

Ces chiffres pour le marché africain sont confirmés par le rapport « State of the Industry: African Video Game Report 2026 », publié en février par l’accélérateur de studios SpielFabrique et Xsolla, spécialiste des solutions de paiement pour l’industrie du jeu vidéo. Le marché affiche une croissance annuelle moyenne de 12,32 %, supérieure à la moyenne mondiale de 7,5 %. L’Égypte arrive en tête du continent avec 368 millions de dollars de revenus, devant le Nigeria (300 millions) et l’Afrique du Sud (278 millions).

Des incertitudes sur la mise en œuvre et la capacité à émerger

L’accord avec Roblox reste préliminaire et plusieurs paramètres demeurent inconnus, comme le calendrier de formation, le financement, le nombre de développeurs concernés et les conditions d’accès à la monétisation. Ces éléments seront déterminants pour apprécier les retombées économiques du partenariat.

Au-delà de la formation technique, les développeurs devront parvenir à transformer leurs projets en activités économiquement viables. Dans une interview publiée en mai 2024 par PocketGamer.biz, Seifeddine Wassim Haddar, fondateur du studio algérien Jana Games, cite entre autres l’autofinancement et l’équilibre des stratégies de monétisation parmi les difficultés rencontrées par son entreprise. Il explique que son studio, qui finance lui-même ses projets, s’appuie sur des prestations réalisées pour des clients afin de soutenir le développement de ses propres jeux. Il souligne aussi les difficultés liées au recrutement de talents et aux infrastructures de paiement dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

D’autres contraintes sont soulevées par les acteurs du secteur. Dans un article consacré aux défis de l’industrie africaine du jeu vidéo, le studio nigérian Maliyo Games relève que le manque d’infrastructures adaptées dans plusieurs pays africains complique le travail des développeurs. Ceux-ci peinent aussi à gagner en visibilité sur la scène internationale, dominée par des acteurs établis en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

La commercialisation des jeux représente un autre défi. Selon Maliyo Games, l’accès aux plateformes de distribution et aux canaux de promotion reste moins développé que dans d’autres régions. À cela s’ajoute la nécessité d’adapter les contenus à la diversité linguistique et culturelle du continent pour toucher des publics aux références et aux usages différents.

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