Le Maroc et la Guinée entretiennent des relations diplomatiques et économiques qui se sont intensifiées ces dernières années, notamment avec la signature de nombreux accords. Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays ont progressé entre 2019 et 2024 pour atteindre plus de 215 millions $.
Le Maroc et la Guinée ont multiplié les initiatives pour renforcer leurs liens économiques. Le mardi 8 septembre, ils ont signé 25 accords de coopération couvrant des secteurs stratégiques tels que l’économie, les finances, le transport aérien, la douane et l’agriculture. Des partenariats ont également été conclus dans les domaines de l’habitat, de l’urbanisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des accords conclus en 2023 lors de la 7ᵉ session de la Commission mixte Maroc–Guinée, qui avaient déjà posé les bases d’une coopération renforcée.
Dans le prolongement de cette dynamique, un Forum économique Maroc–Guinée s’est tenu à Conakry en juin 2024, avec pour objectif « d’explorer le potentiel considérable du commerce bilatéral, d’identifier de nouvelles opportunités d’affaires et d’investissements, et de promouvoir les échanges commerciaux entre les deux pays », selon un communiqué de la primature guinéenne.
Le rapprochement ne se limite pas au commerce. Le Maroc a annoncé l’octroi de 300 bourses annuelles aux étudiants guinéens, portant à 300 le nombre de bourses accordées chaque année aux étudiants du pays.
Des intérêts économiques convergents
Depuis plusieurs années, le Maroc est devenu l’un des principaux investisseurs africains. Selon Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, le royaume « s’impose aujourd’hui comme le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest et le deuxième à l’échelle du continent ». Les entreprises marocaines sont présentes dans les secteurs bancaire, des télécommunications, des assurances, de l’immobilier, de l’agriculture, de l’industrie et des services. La Guinée représente donc pour Rabat un marché ouest-africain particulièrement attractif.
Pour le royaume chérifien, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie visant à consolider son rôle de hub africain, à élargir ses marchés et à renforcer son influence diplomatique.
De son côté, la Guinée, puissance minière notamment grâce à ses réserves de bauxite et d’or, cherche à aller au-delà de l’exportation de minerai brut. Depuis 2021, le pays a accéléré sa stratégie de transformation locale, notamment dans la filière bauxite, avec la construction de plusieurs raffineries d’alumine.
Avec le Programme Simandou 2040, Conakry entend faire de ses ressources naturelles un levier de transformation économique. Ce plan comprend 122 mégaprojets, dont le mégaprojet intégré mines-infrastructures Simandou. Dans ce contexte, le rapprochement avec le Maroc pourrait permettre à la Guinée d’attirer davantage d’investissements, de diversifier son économie et de renforcer ses capacités humaines. Le Maroc, classé par la Banque africaine de développement (BAD) comme la première puissance industrielle du continent, apparaît ainsi comme un partenaire clé pour accompagner cette transformation.
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