Amoureux de l’Algérie, le Français Bernard Duboé s’y est installé en pleine guerre civile en 1998. Durant ces dix ans passés sur place, il a créé la filiale de la Société Générale dans le pays et a participé à la concrétisation des projets dans le domaine financier du groupe algérien Arcofina d’Abelouhab Rahim. Fin connaisseur de l’économie algérienne, Bernard Duboé partage avec nous ses analyses et son expérience.
Il a fallu de nombreux détours à Bernard Duboé pour parvenir jusqu’en Algérie. Diplômé de Sciences Po Toulouse en 1968, il rejoint en septembre de cette même année la banque française Société Générale, groupe qu’il quittera… en mai 2001. Après une formation d’un an, il va être nommé à Papeete (Tahiti), Abidjan (Côte-d’Ivoire), mais aussi en Indonésie et en Corée du Sud et en dernier lieu à Alger.
Lancement en Algérie
Durant 3 ans, il reviendra au siège de la banque à Paris pour travailler au sein du secteur Moyen-Orient avant de se spécialiser sur l’Algérie. « J’ai été plus tard affecté au projet de création de la filiale de la Société Générale en Algérie » explique Bernard Duboé.
Il arrive à Alger en 1998, dans le contexte difficile de la décennie noire. « J’ai été un des premiers étrangers à venir en Algérie depuis 1994 » raconte-t-il « j’étais seul avec un ordinateur : tout était à faire ! ».
Il n’existait alors qu’une banque privée en Algérie. « La première personne que j’ai recrutée a été une comptable, tout naturellement » s’amuse l’ancien directeur de la Société Générale Algérie, qui compte aujourd’hui 1 400 collaborateurs, 340 000 clients, 90 agences et 10 centres d’affaires.
Une décennie en Algérie
La jeune structure s’installe dans ses nouveaux locaux à Alger en mars 2000. « Nous avons bénéficié du soutien des autorités algériennes, heureuses d’accueillir des institutions étrangères pour investir dans le pays, ainsi que de l’ambassade de France » souligne Bernard Duboé.
Après une longue carrière à la Société Générale, le dirigeant décide de tourner la page et d’écrire un nouveau chapitre dans sa vie professionnelle. En 2001, il va collaborer avec le célèbre homme d’affaires algérien Abdelouahab Rahim, fondateur d’Arcofina, groupe très diversifié.
« Ce fut une rencontre déterminante, il fait alors partie des hommes d’affaires algériens revenant dans leur pays pour y investir et relancer son économie » souligne Bernard Duboé qui va aider l’homme d’affaires à créer sa banque. Un nouveau challenge que va relever le Français avec ses collaborateurs algériens, en partant de nouveau de 0.
Cette page tournée, après avoir travaillé sur l’implantation de l’assureur Axa en Algérie en 2007, Bernard Duboé collabore avec une banque jordanienne pour restructurer ses services de crédit en Algérie. « Depuis, je suis retourné en France pour devenir consultant mais en suivant de près l’actualité du pays » relate l’ancien directeur de la Société Générale Algérie.
Sa vision de l’Algérie
Fort de cette riche expérience, Bernard Duboé voit plus que jamais l’intérêt d’investir aujourd’hui en Algérie : « Depuis mon arrivée, le pays a considérablement évolué et ne cesse d’avancer » estime le consultant, soulignant que « il existe de vrais compétences en Algérie, j’ai toujours été très satisfait du personnel qui est généralement compétent, dévoué et ambitieux ».
Ses conseils pour les entrepreneurs envisageant de se positionner sur le marché algérien, comptant plus de 40 millions de personnes ? « D’abord, proposer un produit adapté au marché, ensuite trouver le bon partenaire sur place dans le cadre de la loi 51-49 (NDLR : la réglementation algérienne impose aux entreprises étrangères de détenir moins de 50% des parts dans leur projet sur place et d’avoir un partenaire local majoritaire) et enfin de prendre en compte le tempo de l’administration, différent de celui de la France » explique Bernard Duboé.
Lucide, l’ancien dirigeant précise qu’il faut plusieurs mois pour une PME en Algérie pour trouver un crédit, en fournissant des « garanties énormes ». Cependant, Bernard Duboé défend qu’il existe un réel dynamisme en Algérie et au sein des 600 000 PME que compte le pays.
A ne pas rater : notre vidéo pour mieux comprendre l’économie algérienne en quelques chiffres clés
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