Les dernières élections législatives au Maroc ont changé la composition de la Chambre des Représentants. Le royaume semble poursuivre une étonnante dynamique démocratique. Analyse.
Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement marocain.
Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) est le grand vainqueur du scrutin du 7 octobre avec 125 députés. Même si cela reste insuffisant pour constituer une majorité (198 élus sont nécessaires), son secrétaire général Abdelilah Benkirane a été désigné de nouveau Premier ministre par le roi Mohammed VI.
Même si la victoire de ce parti conservateur ne plaît pas à certains membres de la société marocaine, en attendant d’un projet plus progressiste, elle peut être perçu comme le prolongement d’une soif de renouveau politique.
En effet, il y a cinq ans, le PJD était arrivé au pouvoir peu après les mouvements de contestation du Printemps Arabe. Le parti islamiste avait même repris les slogans de l’époque « contre la corruption et l’autoritarisme ».
La méthode PJD
Le parti islamiste a su capitaliser sur son image d’intégrité pour convaincre les citoyens marocains, très critiques vis-à-vis de la corruption. Le PJD s’est également appuyé sur une structure rigoureuse avec des militants convaincus.
Benkirane a su incarner le leadership de cette formation politique encore jeune dans le paysage politique marocain, tout comme son rival, le Parti Authenticité et modernité (PAM) fondé en 2008 et dirigé par Ilyas El Omary.
Un nouveau paysage politique ?
Avec la montée en puissance de cette force, le paysage politique est en pleine restructuration. Ainsi, le PAM et le PJD, qui dominent à l’heure actuelle le Parlement, ne participaient pas aux législatives il y a seulement deux décennies.
De plus, il faut noter que sur l’ensemble des membres de la Chambre des représentants 64% des sièges ont été renouvelés à l’occasion de ce scrutin du 7 octobre. Le Parti authenticité et modernité a eu un taux de renouvellement très important : sur les 102 élus, 73 accèdent à la Chambre des représentants pour la première fois (ce qui correspondant à 72% d’entre eux).
Autre fait notable suite à ce scrutin, la féminisation des élus marocains qui se poursuit, même si c’est à un rythme peu soutenu. On retrouve dans la nouvelle chambre basse du Parlement au Maroc 21% de femmes, un chiffre en légère progression. 81 femmes ont été élues députées (pour un total de 395 sièges) dont 71 ont été désignées par un système de quota, et les 10 restantes.
Les dernières élections montrent un Maroc en pleine évolution dans le domaine politique, reste à savoir comment ces dynamiques vont influer sur le destin du royaume, toujours sous l’importante influence du monarque qui le dirige : Mohammed VI.
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