Malgré les réformes entreprises par le gouvernement égyptien, les investisseurs étrangers ne semblent pas se bousculer au portillon…
Les réformes drastiques imposées en novembre 2016 par le Fonds monétaire international (FMI) au gouvernement égyptien pour bénéficier d’un prêt de 12 milliards de dollars ne semblent pas convaincre les investisseurs étrangers de revenir en Egypte.
Le pays peine en effet à relancer son économie qui a subi de plein fouet les retombées de la révolte de 2011. Eclairage…
Une légère reprise, pas avant 2018
Le gouvernement d’Abdel Fattah al-Sissi se trace pour objectif prioritaire de booster le tourisme et d’attirer plus d’investissements directs étrangers (IDE) à travers des incitations fiscales et la réduction de la bureaucratie. Un guichet unique dédié aux investisseurs étrangers devrait bientôt être opérationnel.
Toutefois, pour que la reprise économique se matérialise, les réformes décidées par le gouvernement « doivent d’abord être appliquées avec succès, ce qui nécessite du temps », explique Hany Farahat, économiste de CI capital, la banque d’investissement égyptienne.
La libération du taux de change de la livre égyptienne, l’adoption d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la réduction des subventions publiques à l’énergie sont les trois principales mesures prises par le gouvernement égyptien visant à assainir le climat des affaires et séduire les investisseurs. Les observateurs s’attendent à ce que l’année 2017 soit difficile mais prévoient une légère reprise à partir de 2018.
Vers des réformes structurelles ?
Le retour des investisseurs étrangers ne suffira pas à lui seul pour sauver l’économie égyptienne, manifestement plombée par de sérieux problèmes structurels.
Outre la corruption et la bureaucratie qui se dressent devant les petites et moyennes entreprises, l’Egypte ne dispose pas d’une industrie locale à même de satisfaire aux besoins des consommateurs.
Le pays importe en effet jusqu’aux produits de première nécessité et doit de ce fait faire face à d’énormes besoins en devises étrangères pour parvenir à régler ses importations. Le pays est donc appelé à diversifier ses sources de devises étrangères pour ne pas rester tributaire des transferts d’argent de sa diaspora et des revenus générés par le canal de Suez.
Les économistes égyptiens préconisent une hausse de la production nationale pour répondre ne serait-ce qu’à une partie de la demande intérieure et parvenir ainsi à réduire les importations qui pèsent lourd sur les finances de l’Etat.
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