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#Economie #Exportation #Gaz #Hydrocarbures #LIBYE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 26 Septembre 2026 à 07:56

Malgré un contexte politique et sécuritaire toujours fragile, la Libye s’efforce de redynamiser le secteur des hydrocarbures, qui représente 90 % des recettes budgétaires et 95 % de la valeur des exportations du pays.

Le Gouvernement d’union nationale (GNU) libyen a annoncé, le mardi 15 septembre, son ambition d’augmenter la production de gaz naturel du pays à 4 milliards de pieds cubes par jour (bcf/j) au cours des trois à cinq prochaines années, pour tenter de desserrer l’étau d’une demande intérieure en forte croissance qui restreint drastiquement les volumes disponibles pour l’exportation.

S’exprimant lors d’un forum à Bangkok, le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, Khalifa Abdulsadek, a déclaré que son pays avait identifié d’énormes opportunités permettant de porter la production de ce combustible fossile à « au moins 4 milliards de pieds cubes par jour en s’appuyant uniquement sur les ressources déjà découvertes, qu’il s’agisse de gaz naturel ou de gaz associé ».

L’annonce de ce programme d’augmentation de la production de gaz naturel intervient alors que la hausse de la consommation intérieure exerce une forte pression sur les exportations.

En 2025, la Libye a produit environ 2,47 milliards de pieds cubes par jour de gaz naturel, soit un volume annuel total de 903 milliards de pieds cubes. Sur ce volume, environ 633 milliards de pieds cubes ont été consommés localement, ce qui a fortement limité la quantité de gaz disponible pour l’exportation. Augmenter la production devrait donc permettre d’accroître les quantités susceptibles d’être exportées, alors que le secteur des hydrocarbures représente environ 60 % du PIB, 90 % des recettes budgétaires et 95 % de la valeur des exportations du pays, selon la société d’assurance-crédit Coface.

Le 27 juillet dernier, des manifestants ont fait irruption dans le complexe pétrolier de Mellitah, à 100 km à l’ouest de Tripoli, pour tenter d’y arrêter les exportations de gaz vers l’Italie via le gazoduc Greenstream, en signe de protestation contre les coupures prolongées d’électricité. Deux jours plus tard, la National Oil Corporation (NOC) a précisé, dans un communiqué, que les exportations vers l’Italie via le gazoduc Greenstream ne dépassaient pas 10 % de la part contractuelle du groupe énergétique italien Eni.

Chute de la part de la Libye dans le mix gazier européen

Le contrat signé avec Eni prévoit que l’entreprise italienne reçoive du gaz naturel et des condensats extraits des champs de Wafa, dans le désert libyen, et de Bahr Essalam, en mer, en échange de leur développement. La compagnie pétrolière publique libyenne a cependant révélé que l’explosion de la consommation intérieure la poussait à racheter 90 % de la part d’Eni, notamment durant la saison estivale, pour alimenter le marché domestique. En conséquence, les exportations via le gazoduc Greenstream, dont la capacité s’élève à 8 milliards de mètres cubes par an, sont passées de près de 700 millions de pieds cubes par jour en 2015 à environ 100 millions en 2025, d’après des sources médiatiques libyennes.

Par ailleurs, la part de la Libye dans le mix gazier européen est tombée à seulement 0,3 % en 2025, très loin des quelque 3 % enregistrés à la fin des années 2000.

La volonté affichée par l’exécutif libyen d’augmenter la production de gaz naturel s’inscrit dans le cadre d’un plus large plan de relance du secteur des hydrocarbures, qui a été mis à mal par les troubles politiques et sécuritaires consécutifs à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. À ce jour, ce pays d’Afrique du Nord compte deux autorités rivales : le Gouvernement d’union nationale (GNU) libyen, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et un exécutif parallèle dans l’est du pays, soutenu par le maréchal Khalifa Haftar.

Le gouvernement basé à Tripoli avait adopté, début 2025, un plan de développement du secteur des hydrocarbures, soutenu par des investissements évalués entre 3 et 4 milliards de dollars. Dans ce cadre, le groupe italien Eni a repris, début octobre 2025, des travaux d’exploration offshore au large des côtes nord-ouest du pays, tandis que le géant pétrolier algérien Sonatrach a repris, durant le même mois, ses forages d’exploration d’hydrocarbures dans le bassin de Ghadamès, près de la frontière algéro-libyenne.

En février dernier, le pays a également attribué plusieurs blocs pétroliers à des compagnies étrangères pour la première fois depuis plus de 17 ans, à l’issue d’un appel d’offres international, une initiative considérée par les analystes comme un signal de réouverture aux investissements étrangers. Parallèlement, les autorités ont engagé des consultations avec des majors pétrolières, dont ExxonMobil et Chevron, pour le développement de nouveaux blocs et l’optimisation de certains champs en production.

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