Au Liban, le secteur agricole victime de la guerre
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Sami Bouzid
mardi 20 février 2018 Dernière mise à jour le Mardi 20 Février 2018 à 09:26

La fermeture de la frontière entre la Syrie et le pays du Cèdre serait à l'origine de la perte de 300 millions de dollars pour les exportations libanaises à en croire l'Association des agriculteurs.


La fermeture des frontières avec la Syrie a redirigé le transport vers la voie martime.

« Si l’État avait acheté 4 ferries pour transporter les camions gratuitement, ces pertes n’auraient pas eu raison d’être », c’est le constat que dresse l’Association des agriculteurs dans son rapport annuel. Le marché de l’agriculture au Liban vit sous perfusions depuis le début de la guerre en Syrie. Traditionnellement, les routes étaient le meilleur moyen de relier les exportateurs aux marchés arabes et à ceux des pays du Golfe. En avril 2015, le dernier poste-frontière entre la Syrie et le Liban, à Nassib, a fermé. 

Les autorités pour pallier à cette situation ont mis en place un programme de subventions pour compenser le surcoût induit par le transfert des marchandises par voie maritime. « Insuffisant » juge l’Association des agriculteurs. D’autant que l’enveloppe allouée au programme a été revue à la baisse. Après un premier apport de 14 millions de dollars, la prolongation du programme s’est vu accorder, en mai de l’année précédente, 9,6 millions de dollars.

Dans son rapport annuel, l’Association des agriculteurs déplore la baisse d’environ 180,000 tonnes par an depuis la fermeture de la frontière avec la Syrie. Passant de 530.000 à 350,000 tonnes. Les chiffres dans le détail sont plus éloquents. On constate par exemple que l’exportation des oignons a chuté de 82% pour se situer à 5,000 tonnes, celle des pommes de terre de 54% pour avoisiner les 127,000 tonnes par an. Enfin, l’exportation des bananes connaît un recul de 53%, et celle des choux et laitues enregistre 56% de baisse, elle est estimée aujourd’hui à 8,000 tonnes. Résultat des courses : « Une crise sans précédent dans le secteur agricole «  pour le rapport. 

D’après le calcul de l’association, chaque année les 180.000 de produits exportés en moins ont coûté 100 millions de dollars. Ce chiffre sur les trois dernières années s’élève donc à 300 millions de dollars que les agriculteurs imputent « à la mauvaise gestion de ce dossier ». 

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique au Liban :

 

 

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