En Tunisie, le pouvoir annonce la fin des subventions au carburant
#ASavoir #Actualite #AnalyseEconomique #BuzzNews #Collectivites #Decideurs #Economie #Institutions #Politique #TUNISIE
Bastien Mekhazni
mardi 4 juillet 2017 Dernière mise à jour le Mardi 4 Juillet 2017 à 09:54

Une première depuis 3 ans. Le gouvernement tunisien a pris la décision de mettre fin aux subventions pour le carburant. Le prix du carburant a répondu par une inflation. A l'origine de cette décision guidée par le FMI, la volonté de réduire un déficit budgétaire que la Tunisie peine à résorber.

 
Moncef Matoussi, directeur de l’ETAP (Entreprise tunisienne des activités pétrolières) déclarait le mois dernier que « le prix du carburant risque d’augmenter » provoquant inquiétude et colère de la part des tunisiens.

Une hausse des prix de 6,7% pour les consomateurs

Quelque jours après l’Egypte, la Tunisie met fin à sa politique de subventions aux carburants, entraînant une hausse des prix du carburant de 6,7%. 

 
10 centimes de dinars viendront s’ajouter au prix du carburant tunisien qui atteindra 1,75 dinars au litre à la pompe à essence. Les conséquences ne sont pas sans dangers pour le pays et le pouvoir d’achat des tunisiens qui sont confrontés à des tensions inflationnistes (5% en avril 2017) et une dépréciation du dinar qui augmente le coût des produits importés.
 
Derrière cette décision apparaît le plan d’action imposé par le FMI suite à son prêt pour financer la reconstruction économique de la Tunisie. Pour rappel,  2,27 milliards d’euros seront injectés jusqu’en 2020 par l’institution financière.
 
Le pays a perçu le mois dernier la deuxième tranche du prêt d’un montant d’environ 280 millions d’euros. Ainsi, la Tunisie n’échappe pas à l’austérité budgétaire imposée par le FMI suite à ce financement. Supprimer les subventions du carburant apparaît alors comme une solution pour réduire les dépenses publiques.

Un déficit budgétaire alarmant

Toutefois, les coupes budgétaires opérées par le pays depuis 2016 peinent à combler le déficit budgétaire.
En 2015 soit un an avant la décision de financement du FMI, le déficit budgétaire tunisien s’élevait à quasiment 5 milliards de dinars tunisiens soit 1,8 milliard d’euros.
 
En 2016, il atteignait 5, 45 milliards de dinars tunisiens (presque 2 milliards d’euros) alors que les pouvoirs publics s’attendaient à passer en dessous de la barre des 4 milliards (de dinars Tunisiens c’est à dire 1,4 milliards d’euros ). 
 
Les recettes fiscales se sont contractées en 2016 (baisse de 3,1%) qui s’explique par la baisse des impôts sur les sociétés de 42,5% alors que la Loi des Finances prévoyait une hausse des recettes de 19,3%.

Pour en savoir plus, découvrez nos vidéos sur l’actualité économique en Tunisie :

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *