L’Algérie, qui produit plus de 99% de son électricité à partir de gaz naturel, ambitionne de porter la part du renouvelable dans son mix énergétique à 30% d’ici 2035. Malgré une volonté politique constante et un grand potentiel solaire comme éolien, le pays demeure cependant loin de cet objectif.
Sonelgaz, l’opérateur public algérien d’électricité et de gaz, a lancé le 30 septembre un appel d’offres national et international pour la construction de deux fermes éoliennes d’une capacité cumulée de 200 mégawatts (MW). Cet appel d’offres porte concrètement sur « l’étude, l’ingénierie, les travaux de génie civil, la fourniture, le transport, le montage, la formation, les essais et la mise en service » de deux projets éoliens ayant une capacité de 100 MW chacun.
La première ferme devrait être construite dans la wilaya de Laghouat (Centre), tandis que la seconde sera installée dans la wilaya de Djelfa (Nord). Les deux projets comprennent également les ouvrages nécessaires à leur raccordement au réseau national de transport d’électricité. Les candidats doivent disposer d’une « expérience dans la réalisation de projets similaires, et des capacités techniques et financières requises ».
Les deux futures fermes représentent le plus grand projet éolien d’une Algérie productrice d’hydrocarbures, mais qui ne dispose actuellement que d’un seul parc éolien opérationnel d’une capacité de 10 MW, selon des statistiques publiées en juillet 2016 par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Exploité par Sonelgaz, ce parc est situé à environ 70 km au nord de la wilaya d’Adrar, dans le Sahara algérien.
Les sociétés étrangères intéressées peuvent participer à l’appel d’offres seules ou en groupement, tandis que les entreprises algériennes doivent obligatoirement y participer en groupement avec des sociétés étrangères. Les offres techniques et financières doivent être déposées d’ici le 25 novembre 2026.
Un écart marqué entre les ambitions et les réalisations
Le renforcement prévu des capacités éoliennes du pays devrait permettre de diversifier davantage un mix électrique dominé par le gaz naturel à plus de 99 %. « Le programme de développement des énergies renouvelables prend une nouvelle dimension en ajoutant au solaire photovoltaïque de l’énergie éolienne », a commenté Boukhalfa Yaïci, directeur général du Green Energy Cluster Algeria (GECA), un groupement à but non lucratif qui rassemble des entreprises, des universités, des grandes écoles et des centres de recherche actifs dans le domaine des énergies vertes.
Les autorités algériennes affichent depuis environ 15 ans une volonté politique constante de développer les énergies renouvelables. Dès 2011, un premier programme national avait été adopté, visant l’installation de 22 000 MW de capacités renouvelables à l’horizon 2030, dont 12 000 MW pour le marché intérieur et 10 000 MW destinés à l’export. En 2024, les autorités ont confirmé ces ambitions, évoquant un volume total de 15 000 à 22 000 MW d’énergies renouvelables à installer d’ici 2030 à 2035.
A ce jour, l’écart entre les intentions et les réalisations concrètes demeure élevé, malgré un important potentiel solaire et éolien. Les capacités renouvelables installées restent limitées à 601 MW à fin 2025, soit moins de 1% du mix électrique, d’après l’IRENA.
Selon le think tank américain Transnational Institute, plusieurs facteurs freinent le déploiement des énergies renouvelables en Algérie, notamment la complexité des procédures administratives, l’absence de coordination dans la planification, la capacité limitée du réseau à accueillir les productions décentralisées, ainsi que des retards dans la mobilisation des financements et la signature des contrats.
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