Le taux de change du dinar algérien face à l’euro, monnaie de référence, continue de grimper et affiche désormais une progression exponentielle. Selon les médias locaux, il s’établit à environ 208 %, soit 208 dinars pour 1 euro. Problème : ce n’est pas un taux officiel ! Explications.
L’Algérie est un des rares pays dans le monde où l’on trouve un marché de la devise à double vitesse et avec deux taux de change différents, fixant la valeur de la monnaie locale, le dinar. L’un est logiquement régit par la banque centrale. L’autre, obéit aux forces obscures du marché noir, qui s’est développé en Algérie depuis plusieurs années. En effet, Quand vous êtes algérien et que vous avez besoin de convertir votre argent, vous ne passez pas systématiquement par la banque, si ce n’est pour obtenir une maigre « allocation touristique » oscillant entre 110 et 130 euros, mais plutôt par des vendeurs à la sauvette, qui vous accueillent avec des liasses de billets. Ce phénomène constitue une activité commerciale officiellement illicite et interdite par la loi. néanmoins, elle prospère et ne cesse de prendre de l’ampleur, face à l’immobilisme de l’état.
Sans règles économiques dignes de ce nom pour régir ce marché parallèle, le taux de change pratiqué par les commerçants de devises est nettement supérieur à celui fixé par la Banque centrale et peut varier autant de fois que possible. Cette semaine, il faudra débourser environ 208 dinars pour 1 euro et 171 dinars pour 1 dollar américain. Le taux officiel en viguer, entre autres, dans les cotations officielles de la Banque d’Algérie est, quant à lui, de 141 % concernant la monnaie européennen unique, soit 141 dinars pour 1 euro.
Profitant de la dévaluation régulière du dinar afin de maîtriser l’inflation (5,5 % en 2018 selon les prévisions officielles), durant les dernières années, le taux de change au marché noir du Square (en référence à l’endroit où se font les échanges à Alger) n’es pas descendu en dessous des 200 % depuis quelques mois. La hausse actuelle pourrait s’expliquer par la déclaration du ministre du Commerce Mohamed Benmeradi qui a plaidé pour une énième dévaluation du dinar car il ne se situerait pas, selon lui, à sa juste valeur…officiellement parlant !
Pour lutter contre ce fléau qui gangrène l’économie algérienne, le gouvernement avait l’intention de mettre en place des bureaux de change officiels. Une mesure incitative qui n’a malheureusement pas encore vu le jour.
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