L’Algérie fait face à une croissance soutenue de sa consommation d’électricité, particulièrement visible lors des fortes chaleurs estivales. Jusqu’ici, son parc de production lui a permis d’absorber cette hausse et de développer son savoir-faire électrique à l’étranger.
La demande d’électricité en Algérie a atteint un nouveau record de 21 828 MW mercredi 19 août, sous l’effet des fortes chaleurs et d’un taux d’humidité élevé dans plusieurs régions du pays. Il s’agit du cinquième pic historique enregistré depuis le début de l’été, après ceux de 21 650 MW le 17 août et de 21 727 MW le lendemain.
Cette hausse intervient alors que le pays dispose d’une capacité électrique installée de plus de 26 GW, selon plusieurs sources, dont Sonelgaz. Son parc demeure largement dominé par les centrales thermiques alimentées au gaz, qui lui offrent notamment la flexibilité nécessaire pour répondre aux pointes de consommation. En prévision de l’été 2026, Sonelgaz avait d’ailleurs annoncé le renforcement de ses capacités de production avec plus de 1,85 GW.
Les autorités algériennes cherchent parallèlement à diversifier leur mix énergétique, à l’image de ses voisins marocains et tunisiens. Une première tranche de 3,2 GW de centrales solaires photovoltaïques est en cours de réalisation, dans le cadre d’un programme national visant 15 GW de capacités renouvelables à l’horizon 2035. Ces installations doivent progressivement accroître la contribution du solaire à un système électrique où le gaz demeure prépondérant.
Entre exportations et tension sur la consommation locale
La progression de la demande intérieure n’empêche pas l’Algérie d’étendre son rôle de hub électrique dans la sous-région. La Tunisie achète régulièrement de l’électricité à son voisin algérien. À fin mars, les importations provenant principalement de l’Algérie, couvraient 9 % des besoins de son marché, selon l’Observatoire national de l’énergie et des mines de Tunisie. Cet appui s’est encore illustré cet été, lorsque la STEG a salué le soutien de Sonelgaz pendant une période de forte tension sur son réseau.
Alger exporte également son expertise plus au sud du continent. Sonelgaz International a réalisé en moins de trois mois une centrale de 40 MW à Gorou Banda, au Niger, inaugurée en juin. Quelques jours plus tard, les travaux d’une autre centrale de 40 MW à N’Djamena, au Tchad, ont été lancés.
Fort de ses ressources gazières, l’Algérie réussit jusqu’ici à répondre à une demande électrique en forte croissance tout en faisant de son expertise un instrument d’influence régionale. À mesure que les pointes de consommation battent des records, cette capacité à absorber la hausse de la demande sera mise à l’épreuve, renforçant la nécessité d’accélérer les investissements dans la production, notamment à travers les renouvelables.
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