Eau, énergies renouvelables, Coupe du monde 2030, double diplomation universitaire : au Musée Fabre de Montpellier, la deuxième édition de "Cap sur le Maroc" a réuni élus, entrepreneurs et institutionnels des deux rives de la Méditerranée autour d'une conviction partagée — le Maroc est bien plus qu'un partenaire culturel historique, c'est désormais un levier stratégique de développement économique pour tout le territoire occitan. Reportage vidéo.
Un jumelage historique entre Montpellier et Fès, une ambition renouvelée
Tout part de 2003 et d’un jumelage entre Montpellier et Fès, initié à l’époque par Georges Frêche. Vingt ans plus tard, Christian Assaf, vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole en charge du développement économique, détaille cette relation : « Il y a une communauté marocaine installée à Montpellier depuis maintenant de nombreuses générations qui a contribué à faire la richesse de cette ville. Avec l’essor du Maroc sur le continent africain et au-delà dans le monde, il y avait une véritable envie de formaliser, d’institutionnaliser, de faciliter et de rendre plus lisibles les relations et la coopération économique qui peuvent exister entre le territoire montpelliérain et le Royaume chérifien. »
C’est précisément l’ambition de Cap sur le Maroc, dont cette deuxième édition a rassemblé au Musée Fabre entrepreneurs, institutionnels et représentants diplomatiques. Le message adressé aux entreprises françaises est clair, selon Christian Assaf : « Si vous voulez partir à la conquête de la Méditerranée et de l’Afrique, le Maroc est une formidable porte d’entrée. Et à l’inverse, si des entreprises marocaines souhaitent pénétrer le marché européen ou plus précisément celui de Montpellier, elles doivent trouver ici toutes les commodités et les informations pour le faire en connaissance de cause. »
Le Maroc, un chantier à ciel ouvert sur toutes les filières
Pour Jalil Benabdillah, vice-président de la Région Occitanie en charge du développement économique, la relation avec le Maroc est bien plus ancienne que les seuls liens entre Montpellier et Fès. La Région dispose depuis 2012 d’une Maison de la Région à Casablanca, avec une équipe de l’agence AD’OCC sur place. Depuis lors, plus de 600 entreprises ont été accompagnées sur le marché marocain, et 1 500 personnes individuellement conseillées. La Région organise également plus de cent salons, foires et conventions d’affaires par an pour emmener son écosystème à la rencontre des opportunités locales.
« Le Maroc est aujourd’hui un pays en chantier, à ciel ouvert. Dans tous les secteurs, il y a des opportunités de coopération. L’eau, les énergies renouvelables, les mobilités, le numérique, la santé, la logistique, les ports — il n’y a quasiment pas un secteur qui n’est pas concerné. Et nous sommes très impliqués dans tous ces secteurs avec les forces que représentent nos clusters, nos pôles de compétitivité, nos réseaux et nos groupements d’entreprises », détaille Jalil Benabdillah.
La dynamique se renforce également sur le plan diplomatique. La Région a récemment reçu une délégation de la région de Dakhla pour consolider un partenariat existant, et dispose de conventions actives avec trois régions marocaines. « Les opportunités sont élevées, avec deux moments clés : la Coupe du monde 2030, qui offre des opportunités incroyables pour nos entreprises et nos institutions, et le partenariat d’exception dans le cadre de l’Accord d’amitié spécial entre le Maroc et la France, qui va ouvrir les portes à beaucoup de coopérations », conclut-il.
Fès-Meknès : une région qui se positionne au cœur du dispositif
Du côté marocain, Benaissa Neqrouz, secrétaire général du Centre Régional d’Investissement de Fès-Meknès, est venu présenter les atouts d’un territoire un peu méconnu mais stratégique. « La région Fès-Meknès regorge de beaucoup d’atouts et de potentialités, que ce soit dans le tourisme, l’industrie, l’artisanat, l’offshoring, le numérique, les mines et les énergies. C’est une région géographiquement très bien placée, considérée comme le cœur économique du Maroc après Casablanca. »
Pour faciliter le passage à l’acte des investisseurs, le Centre Régional d’Investissement a développé une banque de projets de plus de quatre-vingt-dix fiches clé en main, disponibles en ligne. Une deuxième banque de projets est en cours de constitution pour approfondir le potentiel de chaque territoire. Et le jumelage entre Fès et Montpellier, longtemps en sommeil, est en passe d’être réactivé : « Nous sommes en train d’activer le jumelage entre Fès et Montpellier. Il y aura un autre événement dans pas longtemps pour renforcer ce lien et concrétiser des partenariats, notamment des doubles diplômations entre l’Université de Fès et les écoles Polytech de Montpellier. »
Trois thèmes, un horizon : 2030
Structurée autour du fil rouge « construire ensemble les opportunités économiques de 2030« , l’édition 2026 a articulé ses travaux autour de trois grandes thématiques. La transition énergétique d’abord, avec la mise en lumière du partenariat de R&D noué entre MGH Energy et l’IRESEN, né de la première édition de Cap sur le Maroc, et la présentation des perspectives autour de l’hydrogène vert et des carburants de synthèse renouvelables.
La gestion durable de l’eau ensuite, avec une table ronde animée par EGIS Maroc rassemblant chercheurs, entreprises spécialisées et acteurs publics autour des enjeux de stress hydrique, de dessalement, de réutilisation des eaux usées et d’irrigation raisonnée — des sujets sur lesquels Montpellier dispose d’un écosystème de référence.
L’héritage économique des grands événements sportifs enfin, avec une réflexion collective sur la manière de transformer la Coupe du monde 2030 en levier durable de développement pour les entreprises et les territoires des deux pays.
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