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#Automobile #Economie #Industrie #ALGERIE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 7 Octobre 2026 à 14:33

L’absence d’équipementiers locaux capables de fournir des pièces aux constructeurs installés a été l’un des principaux freins au développement d’une industrie automobile en Algérie. Les autorités s’efforcent de combler cette lacune, en s’appuyant sur des partenariats avec des acteurs étrangers et en lançant des sociétés détenues par l’Etat.

Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb a inauguré, le 24 septembre, une usine spécialisée dans la production de composants et d’accessoires en plastique et essentiellement destinée à approvisionner les constructeurs automobiles installés dans le pays. Détenue par Algeria Chemical Specialities (ACS), une holding qui regroupe des entreprises publiques opérant dans l’industrie chimique, l’usine a été implantée dans la wilaya de Tissemsilt (Centre-ouest). Elle exploite les actifs société Plastic Algeria Components (PAC).

Baptisé General Plastic Injection (GPI), le site industriel aura une capacité de pièces pouvant équiper près de 200 000 véhicules, avec un taux d’intégration de 40 % dans une première phase. Il devrait ainsi soutenir le développement du réseau national de sous-traitants automobiles, tout en réduisant la facture des importations.

« D’ici la fin de l’année, tous les constructeurs automobiles agréés (…) en Algérie doivent fabriquer dans cette usine leurs pièces plastiques qui sont actuellement importées. Les moules de ces pièces doivent être dans cette usine d’ici la fin de l’année », a déclaré le Premier ministre algérien lors de la cérémonie d’inauguration de l’usine. Et d’ajouter : « Aucune pièce plastique destinée à l’assemblage des véhicules ne sera importée si elle peut être fabriquée dans cette usine ».

Le site devrait par ailleurs des composants et accessoires plastiques pour la fabrication des produits électroménagers, l’industrie des câbles, les équipements et dispositifs médicaux, les matériaux d’emballage et de conditionnement, les articles ménagers, les produits cosmétiques, les lunettes, les composants des drones ainsi que les panneaux de signalisation routière, selon l’agence de presse algérienne APS.

Un écosystème de sous-traitants pour répondre aux exigences d’intégration locale

Plusieurs constructeurs automobiles, dont Stellantis et les groupes chinois BAIC et JAC Motors, disposent déjà d’usines de montage de véhicules en Algérie. Des projets d’usines portés par d’autres constructeurs, tels que le chinois Chery, l’italien Iveco et le sud-coréen Hyundai, sont également en cours de finalisation.

Le gouvernement algérien accorde plusieurs avantages aux constructeurs automobiles, dont des exonérations fiscales sur les importations des intrants et la mise à la disposition des investisseurs de terrains à prix réduits, pour développer l’industrie automobile. Il exige en contrepartie un taux d’intégration locale, qui doit atteindre un seuil minimum de 10 % à la fin de la deuxième année suivant l’entrée en production de l’usine, et de 40 % à la fin de la cinquième année.

L’absence d’un véritable réseau de sous-traitants capable de fournir les usines de montage en pièces fabriquées en Algérie a été l’une des causes du retrait de certains constructeurs de renom, dont l’allemand Volkswagen et le sud-coréen Kia Motors, du marché algérien. Cela n’a pas favorisé le décollage de la filière automobile, qui a été pourtant élevée au rang de priorité par l’Etat, en vue de réduire les importations des véhicules et de diversifier le tissu économique.

Pour tenter de rectifier le tir, les autorités s’efforcent désormais de mettre en place un écosystème de sous-traitants détenus directement par l’Etat ou par des coentreprises avec des acteurs étrangers. Dans cette optique, l’Entreprise nationale algérienne de tubes et transformation de produits plats (Anabib) a ainsi signé, en mars 2025, un accord avec l’équipementier automobile chinois Auto Lumiar pour la création d’une joint-venture spécialisée dans la fabrication de plusieurs équipements, dont les phares et les pare-chocs.

En avril 2026, la Société publique de Maintenance de l’Est, filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), a également lancé la construction d’une usine d’emboutissage pour la fabrication des éléments de carrosseries.

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