Capture d’écran 2026 10 14 à 11.43.04
#Economie #Electricite #Energie #ALGERIE
Agence Ecofin
mercredi 14 octobre 2026 Dernière mise à jour le Mercredi 14 Octobre 2026 à 11:43

La Tunisie, qui fait partie des rares pays africains à afficher un accès à l’électricité proche de 100 %, cherche à améliorer son approvisionnement après un été 2026 marqué par des délestages tournants ayant touché toutes les régions du pays.

L’Algérie accélère son offensive énergétique en Afrique. Après avoir inauguré une centrale électrique de 40 mégawatts (MW) au Niger et signé des accords avec la Côte d’Ivoire et le Tchad, Alger lorgne désormais la Tunisie voisine, où le système électrique est sous tension. Son fournisseur public d’électricité Sonelgaz, et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) engageront bientôt les études nécessaires à la construction d’une centrale électrique de 1 400 MW en Tunisie, a ainsi annoncé le ministre tunisien chargé de l’Énergie, Slah Zouari, à l’issue d’une rencontre tenue le 1er octobre à Alger avec son homologue algérien, Mourad Adjal.

« Parmi les projets évoqués figurent la réalisation d’une centrale électrique de 1 400 MW en Tunisie. Une délégation technique va bientôt venir en Tunisie pour discuter de tous les délais relatifs à l’exécution de ce projet », a notamment déclaré le ministre, qui a également précisé que la STEG et Sonelgaz doivent examiner les paramètres et spécifications nécessaires à la mise en œuvre de l’infrastructure, notant que « les États algérien et tunisien ont donné leur accord pour concrétiser le projet dans les plus brefs délais ». Le montant total de l’investissement reste cependant à déterminer.

Un approvisionnement tunisien sous tension

Le projet avait été évoqué au mois de mai entre Mourad Adjal et Fayçal Tarifa, alors PDG de la STEG. Cette nouvelle annonce survient dans un contexte de forte hausse de la demande d’électricité en Tunisie durant la saison estivale. Le plus petit pays du Maghreb a connu des coupures massives durant l’été 2026, qui avait été marqué par des températures caniculaires frôlant 50 °C et ayant entraîné une utilisation intensive des équipements de climatisation. La STEG avait publié, tout au long des mois de juillet et d’août, des avis de délestages tournants dans toutes les régions du pays, pour soulager un réseau électrique sous contrainte.

Alors que la demande d’électricité a atteint près de 6 000 mégawatts durant les heures de pointe estivales, la capacité de production nationale s’est limitée à environ 4 500 MW, issus de plusieurs centrales exploitées par la STEG. La pression sur le système électrique a mis en évidence une forte dépendance extérieure.

À fin mai, le gaz naturel assurait encore 91 % de la production tunisienne d’électricité, contre seulement 9 % pour les énergies renouvelables, selon l’Observatoire national de l’énergie et des mines. Dans le même temps, 63 % de l’approvisionnement du pays en gaz provenait d’achats directs auprès de l’Algérie. Une part supplémentaire de 11 % correspondait à la redevance en nature perçue sur le transit du gaz algérien vers l’Italie via le gazoduc Transmed. Ainsi, près des trois-quarts du gaz disponible étaient donc liés aux flux algériens.

Cette dépendance ne concerne pas seulement le combustible utilisé dans les centrales électriques. La Tunisie importe également environ 13 % de ses besoins en électricité de l’Algérie voisine, qui a elle aussi été confrontée l’été dernier à une forte vague de chaleur et à un pic historique de consommation électrique.

Une stratégie algérienne d’expansion en Afrique

La future centrale électrique devrait marquer une nouvelle étape dans l’internationalisation de Sonelgaz, qui avait créé une filiale dédiée, Sonelgaz International, pour porter ses activités hors du territoire algérien. En juin dernier, la société a inauguré une centrale électrique de 40 mégawatts (MW) à Gorou Banda au Niger, un projet qu’elle a entièrement financé et réalisé.

Le même mois, Alger a aussi signé un accord-cadre de coopération avec la Côte d’Ivoire dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables, prévoyant notamment la modernisation des réseaux de production, de transport et de distribution d’électricité. Un mois auparavant, une délégation de Sonelgaz International s’est rendue dans la capitale tchadienne, N’Djamena, pour mener les études techniques nécessaires à la construction d’une centrale électrique de 40 MW, en collaboration avec l’opérateur local Tchad-Élec.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *