Polémique autour du projet pharaonique de la grande mosquée d’Alger
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Nabil Belkacemi
lundi 9 mai 2016 Dernière mise à jour le Lundi 9 Mai 2016 à 12:04

Le projet de la grande mosquée d’Alger fait couler beaucoup d’encre quant à son prix colossal de 1,2 milliards d’euros. Elle semble aussi effrayer, à l’étranger, comme un possible repère de l’intégrisme algérien.

Le gouvernement algérien est censé inaugurer dans moins d’un an, soit en janvier 2017, la grande mosquée d’Alger située en face de la baie d’Alger. Elle comportera une salle de prière de 20 000 mètres carrés pouvant accueillir jusqu’à 120 000 fidèles. La mosquée sera le troisième plus grand lieu de culte musulman après la Mecque et Médine en Arabie-Saoudite.

Avec un minaret culminant à 265m, le plus élevé au monde, l’édifice surplombera un site qui incorporera une bibliothèque avec plus de 1 millions d’ouvrages, une Maison du Coran, une salle de conférences, un musée d’art et d’histoire islamique et de centre de recherche sur l’histoire de l’Algérie.

Une mosquée « emblématique » du pays  

La grande mosquée d’Alger sera nommée mosquée Bouteflika en l’honneur du président, devant rendre hommage au personnage politique et la carrière du chef d’Etat. Au niveau international, les critiques fusent sur la grande mosquée.

Ahmed Madani, conseiller du ministre de l’Habitat s’indigne « certains nous accusent de d’avoir érigés un temple pour les intégristes » alors que ce sont les « islamistes qui sont hostiles au projet » car selon le conseiller cette mosquée sera un « lieu emblématique de l’islam modéré en Algérie » et qui va « prémunir contre toutes les formes d’extrémismes ».

L’Algérie compte déjà 30 000 mosquées de proximités, mais l’idée d’une mosquée représentative de la « culture algérienne et de la période d’indépendance trotte dans les têtes des dirigeants depuis 1962 » explique A. Madani.

Le projet s’est confirmé progressivement sous l’ère du président Abdelaziz Bouteflika considéré par ses pairs comme un homme pieux, captivé par le soufisme et la civilisation musulmane.

Un projet sous de vives critiques

Le coût initial de la mosquée d’Alger est de 1,2 milliard d’euros, que certains perçoivent comme excessif en période de crise budgétaire et raréfaction des devises. D’autant plus que le pays souffre d’un manque en infrastructures de santé que le gouvernement aurait pu combler en investissant davantage dans le secteur.

Sans oublier que le retard dans les délais de construction pourrait augmenter le coût total de l’opération, idée appuyée par les spécialistes qui ne voient pas le chantier aboutir pour 2017.

Le risque sismique n’est pas à écarter en Algérie, ainsi l’effondrement d’une telle structure est une menace constante annonce le Professeur Abdelakrim Chelghoum, expert en génie parasismique. Les autorités algériennes ont vite balayé les critiques, en rapportant la présence du système antisismique « capable d’abaisser la magnitude d’un séisme de 9 à 3,5 ». 

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