Nabila Mounib : une voie alternative pour le Maroc
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Ecomnews Med Redaction
jeudi 6 octobre 2016 Dernière mise à jour le Jeudi 6 Octobre 2016 à 07:30

Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), créera-t-elle la surprise lors des élections législatives du 7 octobre au Maroc ? Eclairage.

Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), ne cache pas son ambition de voir son parti se positionner comme une force politique majeure à l’issue du scrutin du 7 octobre prochain au Maroc.

Cette universitaire de 56 ans, seule femme à la tête d’une formation politique dans le Royaume, bénéficie d’une popularité croissante et est d’ailleurs arrivée en troisième position du classement des politiciens pressentis pour présider le prochain gouvernement réalisé par le magazine Telquel et le réseau associatif TIZI en avril dernier.

Une militante innée

Née à Casablanca en 1960, Nabila Mounib connaît une scolarité exemplaire et décroche son doctorat en endocrinologie à l’Université de Montpellier.

En 1985, alors qu’elle prépare encore sa thèse de doctorat, elle militait déjà au sein de la Jeunesse des Etudiants Démocrates avant d’intégrer l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (OLIE) et l’Organisation de l’action démocratique populaire (OADP) qui donneront, après fusion avec d’autres formations de gauche, le Parti socialiste unifié (PSU). Elle dirige dans le même temps le SneSup (Syndicat de l’enseignement supérieur). Au terme de ses études doctorales, elle deviendra professeur universitaire en endocrinologie dans l’université Hassan II de Casablanca.

Sa carrière politique prendra un tournant le 16 janvier 2012, date à laquelle elle est désignée secrétaire générale du PSU pour devenir la première femme au Maroc à être élue à la tête d’une formation politique. Elle se montre d’une grande maturité politique et adopte un discours audacieux vis-à-vis du palais notamment.

Elle appelle au boycott du référendum constitutionnel de 2011, mettant en cause « l’absence d’une réelle séparation des pouvoirs et d’une véritable constitution démocratique ». Le 22 septembre, elle estime dans un débat télévisé que « le Maroc doit sortir de l’antichambre de la démocratie » et déclare « nous sommes encore prisonniers d’un système patriarcal ».

Une popularité qui va crescendo

Sa forte personnalité et son franc-parler sont perçus comme des atouts par bon nombre d’observateurs. En novembre 2015, malgré ses prises de positions peu conciliantes à l’égard de la monarchie, le roi Mohamed VI lui confiera la mission de piloter la délégation marocaine chargée d’expliquer la position marocaine sur le Sahara Occidental et de convaincre le gouvernement suédois de renoncer à son intention de reconnaître la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique).

Ce fut une réussite remarquable : Stockholm a affirmé en janvier 2016 qu’elle n’a nullement l’intention de reconnaitre cette entité. Nabila Mounib quittait alors peu à peu l’ombre pour s’imposer comme une figure proéminente de la scène politique marocaine.

Quelques jours avant le début de la campagne législative, cent personnalités marocaines ont lancé un appel en faveur de Nabila Mounib. Coordonnée par Abdellah Hammoudi, anthropologue à l’université américaine de Princeton (New Jersey), la pétition est signée par des universitaires, des artistes, des acteurs de la société civile, dont l’avocat Abderrahim Jamai et l’ancien détenu politique Ahmed Marzouki, les écrivains Mohammed Bennis et Mohammed Berrada, le militant amazigh Ahmed Assid ainsi que de nombreux jeunes du mouvement du 20 février.

S’il est peu probable qu’elle devienne la première femme à occuper le poste de chef du gouvernement marocain, Nabila Mounib poursuit sa progression sur l’échiquier politique et promet de jouer un grand rôle dans le Maroc de demain.

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