Donald Trump dévoile son Plan de Paix
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Janos Fernandez
mercredi 29 janvier 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 29 Janvier 2020 à 08:04

Depuis la Maison Blanche, accompagné de Benyamin Nétanyahou, Donald Trump a fait part des grandes lignes de son Plan de Paix travaillé depuis deux ans en coulisses par son beau-fils et conseiller Jared Kushner. Analyse.

 

Avant même la communication officielle, les spéculations allaient bon train et l’homme de la rue palestinien avait déjà scellé le sort de ce Plan, entre portraits du Président américain et briquets…

En effet, ce plan de paix était pour eux la continuation du processus de rapprochement entre Israël et les Etats-Unis entamé il y a deux ans et ne pouvait donc se concrétiser qu’au désavantage de la Palestine.

Alors quelles informations est-il possible de tirer de cette annonce ?

La plus frappante est l’absence du Président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas et du Hamas, qui ont refusé d’être présents malgré les appels du pied de Donald Trump.

Même si ce dernier estime que ce plan est « un grand pas historique vers la paix », la Palestine le rejette en raison d’un biais trop pro-israélien et de son architecte.

De fait, bien qu’il ait rencontré Abbas, Trump n’a pas réussi à le convaincre de la validité du projet.

Mais il a réitéré publiquement sa volonté de soutenir Abbas et les palestiniens s’ils acceptaient la paix.

Mahmoud Abbas, entouré du Hamas et de représentants du groupe radical Jihad Islamique, a réitéré son refus du plan et compte consulter les représentants jordaniens, saoudiens et égyptiens de la Ligue arabe lors d’une réunion le premier février. Il brandit la menace de la fin de la coopération sécuritaire avec Israël en Cisjordanie mais cela reste une manoeuvre classique et son autorité est érodée depuis les dernières élections qui datent de 2006.

Quant au contenu de ces 80 pages, très denses selon le locataire de la Maison Blanche, voici les grandes lignes présentées lors de la conférence de presse de ce soir :

 

  • Jérusalem reste la capitale d’Israël qui conserve sa souveraineté. La barrière séparant les quartiers arabes de la capitale sera maintenue et servirait de frontière avec une capitale palestinienne.
  • Solution à deux états qui répond aux demandes israéliennes en matière de sécurité des frontières et du pays. Le zonage au sein de l’état de Palestine et dans les zones communes sera soumis aux besoins de la sécurité d’ Israël.
  • Démilitarisation du Hamas et de Gaza, arrêt du soutien aux actions terroristes. L’Etat de Palestine sera et restera démilitarisé. Il devra mettre assurer la sécurité intérieure et empêcher le terrorisme non seulement sur son territoire mais également contre Israël, la Jordanie et l’Egypte.
  • Reconnaissance de la Judée et de la Samarie comme partie d’Israël. Le Jourdain deviendrait une partie de la frontière orientale d’Israël.
  • Reconnaissance d’Israël comme Etat juif par les palestiniens. Et reconnaissance de l’Etat de Palestine comme Etat palestinien par Israël.
  • Accès universel aux lieux saints. Le statu quo sur les sites religieux est maintenu mais les fidèles de toutes confessions, y compris Juifs, doivent pouvoir prier au mont du Temple.
  • Implantation d’une capitale palestinienne, à l’est de Jérusalem. Et non à Jérusalem-Est, le lieu envisagé pouvant se trouver au Nord et à l’Est de la barrière de sécurité en place. Les Etats-Unis y installeraient une ambassade.
  • 50 milliards d’investissement dans le nouvel Etat palestinien. A condition que Gaza conclue un cessez-le-feu, soit démilitarisée et que d’éventuels conflits ne viennent détruire les investissements qui seront contrôlés par une gouvernance internationale.

 

Cependant des failles sont apparues très rapidement au cours de la soirée.

Point de contention majeur, le statut des colonies et de leur développement. Celles-ci font selon Trump partie d’Israël, qui pourra les annexer sans attendre les quatre ans de négociation prévus par ailleurs. Ceci a été confirmé par l’ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem, David Friedman. Le découpage prévu confirme cette donnée. En outre, Israël aura la possibilité de détruire des structures présentant un risque de sécurité ou en sanction d’actes terroristes.

Une pression déséquilibrée sur le « futur Etat palestinien » qui ne verrait le jour que sous plusieurs « conditions », dont « le rejet clair du terrorisme ». Citons notamment le démantèlement du Hamas et du Jihad islamique Palestinien et la restitution des prisonniers et des morts à l’état d’Israël au plus tard à la signature de l’accord.

Benyamin Nétanyahou s’est également dit prêt à négocier avec les Palestiniens pour leur accorder « un chemin vers un futur Etat », mais a posé comme condition qu’ils reconnaissent Israël comme un « Etat juif ».

Dans ces conditions, nul étonnement devant le rejet du plan par la Palestine, sur un projet qui de Téhéran à Berlin attire au mieux la circonspection au pire l’hostilité.

Et en bruit de fond, l’idée d’une manoeuvre de Donald Trump en vue de se faire réélire par les évangélistes et la droite conservatrice dont la vision correspond à celle de Nétanyahou.

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