Maroc : Avito Group s'associe à la Banque Mondiale pour le développement de l'entrepreneuriat au féminin 
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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 31 Janvier 2026 à 06:08

Le taux de participation féminine au sein du marché du travail dans la région du Proche et Moyen-Orient fait partie des plus bas au monde. D’après une analyse publiée par la Banque mondiale en octobre 2025, seule une femme sur cinq (de plus de 15 ans) est comptabilisée dans la population active des pays de la zone (hors Israël).

La tendance est préoccupante. 

En Irak, ce niveau est même inférieur, atteignant 11 %. L’écart des pays de la zone par rapport au reste du monde est significatif, de 25 points de moins ; cette différence est toutefois plus réduite pour les femmes plus jeunes (15-24 ans), de 19 points. Les zones rurales et les zones urbaines sont concernées de manière similaire.

Si certains pays comme l’Irak ont connu des améliorations notables depuis 2010, la féminisation du marché du travail, qui avait augmenté dans les années 2000, s’est subitement arrêtée. Le taux d’activité des femmes stagne à partir de 2016, pour se situer à 17 % en Jordanie et à 15 % en Iran. Dans d’autres pays elle décroît, comme en Égypte qui avait atteint un pic entre 2008 et 2016 (à 22 %).

Cette situation est paradoxale. 

Elle ne s’explique pas par des différences dans la distribution des sexes ou dans les niveaux d’éducation. Ainsi, dans les territoires palestiniens ou en Jordanie, la part des femmes dans l’éducation a significativement augmenté depuis les années 2000, pour dépasser la part des hommes dans l’enseignement supérieur par exemple, à partir de respectivement 2012 et 2015, sans que cette évolution ne se traduise par une féminisation accrue du marché du travail.

En réalité, cette situation s’explique d’abord par des normes sociales strictes. 

Ce n’est pas tant l’absence ou non de cadre de protection des femmes que l’acceptabilité sociale des femmes en emploi qui joue. Ainsi, dans les territoires palestiniens, c’est cet argument qui est invoqué pour expliquer la situation, en troisième position après l’absence d’opportunités et de trop faibles rémunérations. 

Au global, une femme célibataire a plus de chances de participer au marché du travail qu’une femme mariée et avec charge de famille : il existe un « fardeau de l’enfant » (Kleven et al., 2025), particulièrement prégnant au Liban ou en Iran, qui pèse sur leurs perspectives.

D’autres facteurs jouent également dans la faible représentation des femmes sur le marché de l’emploi, notamment la situation économique globale du pays. 

En Syrie, la guerre a conduit à une désorganisation profonde du marché du travail. Au Liban, le recul de la participation féminine s’est fait dans un contexte d’effondrement économique et d’émigration. Par ailleurs, dans la région, le secteur privé présente une faible capacité d’absorption ; les femmes qui travaillent sont ainsi, en proportion, plus souvent dans le service public.

Cette situation a des effets sur l’économie des pays de la région. 

Elle représente d’abord un coût : moins de femmes sur le marché du travail signifie une perte de productivité, une pression accrue sur les finances publiques, la faiblesse de la croissance potentielle à moyen terme, un renforcement des inégalités sociales ainsi qu’un accroissement de la vulnérabilité des ménages. En d’autres termes, l’évolution du marché du travail féminin constitue un enjeu central de soutenabilité économique pour les pays du Proche et Moyen-Orient.

L’étude de la Banque mondiale d’octobre 2025 démontre ainsi qu’un accès facilité des femmes au marché du travail pourrait augmenter significativement la richesse nationale. 

Dans des pays comme l’Égypte ou la Jordanie, une plus grande égalité entre les sexes sur le marché du travail, et une meilleure adéquation des femmes à leur capacité et leurs compétences, permettraient d’augmenter le PIB par habitant de 20 à 30 points de PIB. Ce potentiel de croissance lié à la féminisation du marché du travail fait parmi des plus élevés au monde.

Source Ambassade de France au Liban 

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