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#Economie #Hydrocarbures #Petrole #TotalEnergies #LIBYE
Agence Ecofin
lundi 23 février 2026 Dernière mise à jour le Lundi 23 Février 2026 à 18:32

Cette recomposition commerciale s’inscrit dans une stratégie plus large de retour des grandes compagnies américaines et européennes, sur fond de recul rapide des flux russes.

La Libye a attribué à plusieurs groupes occidentaux, dont Vitol, Trafigura et TotalEnergies, des contrats d’approvisionnement en essence et en diesel, ont indiqué mercredi 18 février, à Reuters, des sources proches du dossier.

Le pays nord-africain produit environ 1,4 million de barils de pétrole par jour, mais ses capacités de raffinage restent insuffisantes pour couvrir la demande intérieure. Cette contrainte structurelle l’oblige à importer une large partie de ses carburants. Jusqu’à récemment, ces importations reposaient en grande partie sur des produits russes, souvent échangés contre des cargaisons de brut libyen.

Tripoli privilégie désormais des appels d’offres pour couvrir ses besoins en carburants, une évolution qui réduit mécaniquement la place de la Russie sur le marché libyen. Selon l’analyste de données Kpler, les exportations russes de carburants vers la Libye sont tombées à environ 5 000 barils par jour en 2026, contre 56 000 barils par jour en moyenne entre 2024 et 2025, période durant laquelle Moscou était le principal fournisseur.

Un basculement des flux d’importation et d’exportation

La recomposition touche aussi les exportations de brut. Le négociant suisse BGN, longtemps acteur central des chargements libyens, perd du terrain au profit d’acteurs occidentaux auxquels davantage de droits d’exportation ont été attribués.

Cette inflexion intervient dans un contexte de refonte du secteur pétrolier libyen, quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi et plus d’une décennie de conflits, d’arrêts de production et d’incertitudes contractuelles. Les autorités cherchent à stabiliser le cadre opérationnel et à relancer l’investissement afin de porter la production à 2 millions de barils par jour à moyen terme. Cette ambition s’est traduite par le lancement récent de cycles de licences pétrolières, les premiers depuis 2007.

En parallèle, la Russie, confrontée aux sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, a redéployé ses exportations de produits raffinés vers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. La perte progressive du marché libyen s’ajoute à la baisse de ses ventes vers l’Inde et la Turquie, accentuant son recentrage vers la Chine.

Un recentrage vers les majors occidentales

Pour la Libye, le recours accru à des partenaires occidentaux répond à plusieurs objectifs : sécuriser des volumes depuis des installations proches et restaurer la confiance des investisseurs internationaux. Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large d’ouverture aux compagnies américaines et européennes, illustrée par la signature d’accords de développement pétrolier de long terme, notamment avec ConocoPhillips et TotalEnergies.

Le dernier cycle de licences pétrolières confirme cette orientation, avec l’attribution de blocs à plusieurs majors internationales, dont Chevron. Ces décisions s’accompagnent d’initiatives diplomatiques en direction de Washington, comme l’annonce d’un forum énergétique bilatéral et la proposition d’un partenariat stratégique couvrant l’énergie, les mines et les infrastructures.

Cette recomposition soulève une question implicite : en s’éloignant des flux russes, la Libye cherche-t-elle aussi à réduire son exposition aux risques liés aux sanctions américaines, même indirectes ? Sans l’énoncer explicitement, l’orientation actuelle dessine une convergence croissante avec les priorités énergétiques des États-Unis et de l’Europe, dans un contexte de diversification post-russe des approvisionnements.

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