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Agence Ecofin
jeudi 5 mars 2026 Dernière mise à jour le Jeudi 5 Mars 2026 à 08:36

En marge de la 76e édition de la Berlinale qui se déroule du 12 au 22 février, les officiels marocains et sénégalais se sont rencontrés dans la capitale allemande pour échanger sur la réactualisation d’un accord de production de films, vieux de plus de trente ans.

Le Sénégal et le Maroc relancent le dialogue autour de leur coopération cinématographique. Le 15 février, le directeur du Centre cinématographique marocain, Reba Benjelloun et le secrétaire d’État sénégalais en charge de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bacary Sarr, ont exploré les pistes de révision de leur accord de coproduction, ouvrant la voie à une nouvelle ère de collaboration culturelle entre les deux pays. L’entame des pourparlers a été rendue publique par l’Agence de presse sénégalaise (APS) dans un communiqué officiel.

Le Maroc et le Sénégal ont signé en 1992 une convention de coproduction qui a pour objectif de stimuler la coopération entre les professionnels des deux pays, de faciliter la réalisation de films communs et de leur conférer le statut de productions nationales.

Dans le cadre de cette révision, Dakar priorise la post-production, les mécanismes de distribution ainsi que la formation, et souhaite la création d’une instance juridique et technique pour plus d’efficience. M. Sarr a d’ailleurs déclaré que « le modèle et l’expérience marocains en matière de cinéma nous intéressent particulièrement ».

Le Royaume chérifien a formulé la proposition de mettre l’accent sur la sauvegarde du patrimoine cinématographique. Les échanges ont aussi porté sur la question de la signature d’une convention à l’horizon 2027 au profit des jeunes cinéastes.

Le tandem gagnant Maroc-Sénégal

En dehors du circuit officiel, sans intervention effective des ministères de la Culture ou des organismes publics, les professionnels du septième art du Sénégal et du Maroc travaillent déjà sur des coproductions.

Cette coopération stratégique, née dans les Ateliers de l’Atlas du Festival International du Film de Marrakech, est une alliance fructueuse qui insuffle une nouvelle dynamique au cinéma contemporain, selon le média marocain d’investigation et d’analyse Le Desk cité par Seneplus.

« Il est crucial de développer les compétences locales pour que le Maroc devienne un acteur incontournable dans la région. Le Maroc dispose d’infrastructures compétitives et peut offrir des conditions attractives pour les productions du continent. Si nous renforçons notre coopération avec d’autres pays africains, nous pourrons créer un réseau solide pour la post-production », explique Julien Fouré, réalisateur et monteur français, qui codirige la société de production et de post-production Free Monkeyz basée à Casablanca. 

Le tandem a été couronné par un franc succès, révélant la nécessité d’une coopération dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Il a notamment enfanté deux films reconnus par la critique internationale.

Le court-métrage « Ne réveillez pas l’enfant qui dort » du réalisateur franco-camerounais Kevin Aubert, tourné entre le Sénégal, la France et le Maroc, a été récompensé par le Prix spécial du jury international du meilleur court-métrage dans la section Generation 14plus lors de la 75ᵉ édition de la Berlinale en 2025. La même année, une autre œuvre intitulée « Wamè », réalisée par le cinéaste sénégalais Joseph Gaï Ramaka, a remporté le Prix étudiant au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. La post-production de ces deux films a été réalisée à Casablanca.

Les coproductions entre le Maroc et le Sénégal avec la France en soutien illustrent la complémentarité des ressources et des talents ainsi qu’une volonté de tendre vers la construction d’un réseau africain autonome dans le cinéma.

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