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#Economie #Energie #Gaz #Iran #Petrole #IRAK
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Aujourd'hui Dernière mise à jour le Vendredi 3 Avril 2026 à 08:49

La crise régionale porte un coup important au secteur irakien des hydrocarbures, qui représente en temps normal 92 % des recettes publiques de l’État irakien et 39 % du PIB national.

Les infrastructures énergétiques de l’Irak sont exposées à des attaques directes, qui mettent à mal leurs capacités de production. Depuis le début du conflit, des raids de drones ont ciblé l’ensemble du territoire irakien et non plus, comme c’était le cas précédemment, le seul Kurdistan irakien.

Pour la première fois, le Sud de l’Irak, bassin pétrolifère du pays, a ainsi été la cible d’attaques répétées, en particulier dans le champ de Majnoon. Au Kurdistan, les attaques contre le champ gazier de Khor Mor ont conduit à l’arrêt de la production de gaz local, alors que celui-ci contribue à hauteur de 3 GW à la production d’électricité nationale (10 % du total).

De manière inédite, deux pétroliers transportant du brut irakien ont aussi été attaqués le 11 mars dans les eaux territoriales irakiennes.

Dans le même temps, la fermeture du détroit d’Ormuz prive l’Irak de sa principale voie d’exportation de pétrole.

Avant la guerre, le pays exportait environ 3,5 M barils de pétrole par jour (b/j), avec 94 % de ces volumes transitant par le Golfe via le détroit d’Ormuz. L’Irak ne dispose pas d’alternative maritime. Dans ces conditions, les exportations pétrolières irakiennes et les revenus du pétrole sont quasiment nuls à ce jour. La production irakienne est tombée à environ 1 M b/j, soit un quart de sa production habituelle (environ 4,3M b/j). Une partie est absorbée par la consommation locale, une autre allouée à renforcer les réserves stratégiques, déjà pleines.

La priorité pour l’Irak est donc de trouver des voies alternatives afin de reprendre au plus vite ses ventes de pétrole.

Au Nord, les autorités fédérales et kurdes ont conclu un accord le 17 mars pour exporter le pétrole produit à Kirkouk via l’oléoduc partant du Kurdistan vers la Turquie, ce qui a permis de rétablir un acheminement quotidien de l’ordre de 250 000 barils par cette voie. À l’Ouest et au Sud, l’Irak étudie l’envoi de camions-citernes vers les pays frontaliers avec lesquels elle partage des frontières terrestres (Jordanie, Syrie, Arabie saoudite, également la Turquie).

Environ 200 000 b/j seraient déjà livrés par la route selon le ministère du pétrole, qui souhaite aller au-delà de ce volume. Au Sud-Est enfin, l’Irak s’active pour négocier avec l’Iran un droit de passage à Ormuz, qui n’a pas été accordé à ce jour.

À plus long terme, les blocages actuels poussent Bagdad à diversifier davantage ses voies d’exportation.

Le gouvernement irakien cherche à relancer des projets d’oléoduc avec la Jordanie (jusqu’à Aqaba), l’Arabie saoudite et la Syrie (Haditha-Baniyas) pour de futures exportations de pétrole via la mer Rouge. Ces options impliquent toutefois des accords préalables de gouvernement à gouvernement et s’inscrivent dans une perspective plus lointaine.

Source Ambassade de France à Bagdad

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