Screenshot
#Agriculture #Economie #Irrigation #Secheresse #TUNISIE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 13 Avril 2026 à 17:15

En Tunisie, le secteur agricole contribue à hauteur de 9 % au PIB et emploie environ 12 % de la population active. Face à la persistance de la sécheresse, les autorités misent sur le renforcement de l’irrigation afin d’améliorer la productivité du secteur.

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé le 31 mars dernier avoir approuvé un financement de 124 millions $ pour la réalisation d’un projet visant à renforcer l’irrigation agricole en Tunisie. Baptisée « Projet de sécurité hydrique, de résilience et de valorisation en irrigation », cette initiative sera mise en œuvre dans les gouvernorats de Jendouba, Béja, Bizerte et Siliana.

Les interventions porteront sur la réhabilitation d’infrastructures d’irrigation, le renforcement des capacités des structures agricoles régionales ainsi que l’appui aux agriculteurs pour adopter des technologies climato-intelligentes et accéder à des marchés à plus forte valeur.

« Ce projet devrait profiter directement à près de 4 000 agriculteurs grâce à l’amélioration des services d’irrigation, et à 9 000 agriculteurs grâce à des services de vulgarisation agricole et à un soutien à la valorisation des produits, tout en créant l’équivalent de 3 400 emplois permanents et de 7 000 emplois temporaires dans le secteur de la construction », souligne le communiqué.

Si sa durée de mise en œuvre n’est pas définie, il s’inscrit dans le cadre de la première phase du « Programme de sécurité et de résilience hydriques de la Tunisie », un programme gouvernemental qui s’étend sur une période de 10 ans.

L’enjeu de cet appui de la Banque mondiale sera principalement d’améliorer la productivité du secteur agricole. Dans un rapport publié en 2025, la FAO estime en effet que les terres cultivées et irriguées à travers le monde sont 3,2 fois plus productives en valeur que les terres pluviales, et qu’en moyenne leur rendement est de 76 % supérieur.

Les données compilées par l’organisation onusienne montrent que jusqu’en 2023, près de 433 000 hectares de terres agricoles étaient équipés pour l’irrigation en Tunisie, ce qui représente environ 8 pour cent de la superficie agricole utile.

Si le renforcement de l’irrigation apparaît comme un levier pour sécuriser la production agricole, ce plan pose également la question de l’efficacité de l’usage de l’eau dans un pays où les ressources sont structurellement limitées. La Tunisie se trouve, avec environ 400 mètres cubes d’eau par habitant et par an en moyenne, sous le seuil du stress hydrique fixé à 500 mètres cubes d’eau par habitant et par an, selon l’Institut des Ressources Mondiales.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *