La Libye veut franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources gazières avec un accord entre la société publique du pétrole et Shell
Le gaz occupe une place croissante dans les ambitions énergétiques libyennes. Face aux défis de production et d’investissement, le pays cherche à structurer son secteur et à attirer les expertises nécessaires pour mieux valoriser ses ressources.
La Libye veut franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources gazières. La semaine dernière, la société publique du pétrole (NOC) et Shell ont engagé des discussions pour élaborer une stratégie globale destinée à améliorer l’efficacité du secteur et à mieux exploiter le potentiel gazier du pays.
Une démarche qui dépasse le cadre des projets individuels en cours et qui s’inscrit dans la volonté de Tripoli de reconstruire une industrie énergétique capable d’attirer durablement les investissements internationaux.
Le président de la NOC, Masoud Suleman et le vice-président de Shell pour l’Irak, les Émirats arabes unis et la Libye ont évalué l’avancement des travaux liés aux protocoles d’accord signés entre les deux groupes. Les échanges ont porté sur les études techniques menées dans les zones et les champs couverts par ces accords, ainsi que sur les prochaines étapes de leur mise en œuvre.
La compagnie publique libyenne souhaite notamment définir un calendrier précis pour achever les évaluations en cours et permettre le passage vers des programmes opérationnels clairement établis. L’objectif est de disposer d’une meilleure connaissance des actifs ciblés avant d’engager d’éventuels développements.
Le gaz au centre de la relance énergétique libyenne
Le rapprochement avec Shell intervient alors que la NOC cherche à donner une place plus importante au gaz dans sa stratégie énergétique. La compagnie publique veut en effet s’appuyer sur l’expertise internationale du groupe anglo-néerlandais pour élaborer un plan à long terme destiné à améliorer les performances du secteur, optimiser l’exploitation des ressources disponibles et accroître leur valeur économique.
Cette coopération repose notamment sur les accords annoncés à Londres en juillet 2025. Dans ce cadre, Shell s’est engagé à évaluer le potentiel en hydrocarbures du champ d’Al-Atshan et d’autres actifs entièrement détenus par la NOC, à travers des études techniques et économiques de faisabilité.
Pour la Libye, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de mieux exploiter ses ressources nationales afin de renforcer son approvisionnement énergétique et de soutenir son développement industriel. Le pays cherche également à accroître ses capacités d’exportation dans un contexte où le gaz conserve une importance stratégique pour les marchés régionaux et européens.
Le retour des majors accompagne la réouverture du secteur
La reprise des discussions entre Shell et la NOC intervient dans un mouvement plus large de réouverture du secteur libyen aux compagnies internationales. Après près de deux décennies sans nouveau cycle majeur d’attribution de licences, Tripoli cherche à attirer des partenaires capables d’apporter des capitaux, des technologies et une expertise, indispensables au renouvellement de ses capacités de production.
Cette dynamique s’est accélérée avec l’appel d’offres lancé en 2025, dont les résultats ont été annoncés en février 2026. Plusieurs groupes internationaux, dont Eni, Repsol, Chevron, QatarEnergy et TPAO, ont obtenu des droits d’exploration sur différents blocs, avant la signature de nouveaux accords de partage de production en juin 2026.
Pour la NOC, ces partenariats doivent permettre de relancer l’exploration, développer de nouveaux actifs et réduire les effets de plusieurs années de sous-investissement. La compagnie ambitionne notamment d’augmenter significativement la production d’hydrocarbures dans les prochaines années, un objectif difficile à atteindre sans le soutien d’acteurs disposant d’une forte capacité technique.
Le retour de Shell revêt une dimension particulière. Le groupe avait quitté ses activités d’exploration en Libye en 2012, après avoir estimé que les résultats obtenus ne justifiaient pas la poursuite des travaux dans un environnement marqué par l’instabilité politique et sécuritaire.
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