Le pays renforce son positionnement dans les chaînes industrielles mondiales, porté par ses infrastructures, sa proximité avec l’Europe et son intégration aux marchés africains. Cette stratégie attire désormais davantage d’investissements chinois dans l’automobile et la transition énergétique.
L’industriel chinois Guizhou Tire a annoncé le 11 août qu’il va investir 298,7 millions USD au Maroc pour construire une usine de pneumatiques destinée aux véhicules particuliers. Le fabricant chinois a obtenu en Chine les autorisations nécessaires au lancement du projet, qui sera implanté à Tanger Tech City, une plateforme industrielle tournée vers l’exportation, et doit produire 6 millions de pneus radiaux/an.
Annoncé en janvier, le projet sera la deuxième usine de Guizhou Tire hors de Chine. Après la création de sa filiale marocaine, le groupe devra encore obtenir les autorisations liées au site.
Dans le royaume, l’opération ajoute un nouveau maillon à une industrie automobile déjà structurée. Pour Guizhou Tire, elle offre une base de production proche de l’Europe et connectée aux marchés africains.
Un nouvel équipementier au cœur de l’industrie automobile
Le choix de Tanger Tech City s’explique notamment par sa proximité avec Tanger Med, principal hub portuaire du pays, et ses infrastructures logistiques tournées vers l’exportation. La zone s’inscrit dans un écosystème automobile constitué autour de constructeurs comme Renault et Stellantis et d’un réseau de fournisseurs et sous-traitants.
Avec 6 millions d’unités/an, l’usine ajoutera une capacité de production de pneumatiques à cette chaîne de valeur, au-delà de l’assemblage automobile.
Guizhou Tire arrive quelques semaines après Gotion High-Tech. En juillet, le fabricant chinois de batteries a obtenu un prêt de 100 millions EUR (≈ 114 millions USD) auprès de la Banque africaine de développement pour soutenir sa future gigafactory de batteries pour véhicules électriques. Le projet, situé dans la zone franche de Rabat-Salé-Kénitra, représente un investissement initial d’environ 1,3 milliard USD.
Ces opérations illustrent l’élargissement de la présence industrielle chinoise au Maroc, des composants automobiles aux batteries et aux équipements liés à la transition énergétique. Depuis l’adhésion du royaume à l’Initiative des nouvelles routes de la soie en 2017, des entreprises chinoises ont également participé au complexe solaire Noor à Ouarzazate.
Le phénomène s’inscrit dans une évolution plus large en Afrique. Selon le Green Finance & Development Center, les entreprises chinoises privilégient davantage les investissements directs dans des actifs productifs, après une première phase des nouvelles routes de la soie largement structurée autour des prêts souverains destinés aux infrastructures.
Pour les pays africains, l’enjeu n’est donc plus seulement d’attirer des capitaux, mais d’intégrer ces implantations dans des chaînes de valeur générant production, compétences, emplois et exportations.
Le Maroc dispose à cet égard de plusieurs atouts : proximité européenne, Tanger Med, zones industrielles et filière automobile déjà établie. L’arrivée de Guizhou Tire renforce cette plateforme en ajoutant les pneumatiques aux différents segments industriels qui s’y développent.
La prochaine étape consistera à transformer cette accumulation de projets en davantage de valeur produite localement. Pour les groupes chinois, Tanger confirme de son côté l’intérêt d’une base africaine capable de desservir plusieurs marchés extérieurs.
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