Le développement des ports secs s’impose progressivement comme un levier clé de modernisation logistique en Égypte. Dans un contexte de saturation des infrastructures portuaires et de recherche de solutions de transport plus durables, les autorités misent sur des plateformes intérieures connectées pour fluidifier les échanges et renforcer la compétitivité du pays.
Évoqué depuis plusieurs années, le projet de port sec de la ville de 10 Ramadan en Égypte franchit une nouvelle étape. Sa phase de mise en œuvre a été officiellement lancée le mercredi 8 avril 2026, à la faveur de la signature d’un accord de partenariat entre le groupe d’ingénierie EDECS et MEDLOG, adjudicataire du contrat d’exécution depuis 2023. Dans le cadre de ce partenariat, EDECS assurera la direction des travaux, tandis que MEDLOG, branche logistique de l’armateur MSC, mettra à profit son expertise en transport intermodal.
Développée sur une superficie de 189 000 m² dans le cadre d’un contrat EPC, l’infrastructure intégrera des technologies intelligentes et des solutions logistiques modernes visant à améliorer l’efficacité des opérations et à accroître la capacité de traitement du fret. Selon les autorités, sa mise en exploitation devrait contribuer à désengorger les ports maritimes en limitant l’accumulation de conteneurs, tout en réduisant les coûts de manutention.
Le projet s’inscrit également dans une logique de report modal, avec le transfert d’une partie du trafic de la route vers le rail, ce qui devrait permettre de diminuer la congestion routière, les accidents et les émissions de gaz à effet de serre. D’après les données techniques publiées en 2023, cette plateforme intérieure, financée avec l’appui de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), représente un investissement de 100 millions USD pour une capacité annuelle estimée à 400 000 EVP.
Sa réalisation s’intègre dans un programme national plus large prévoyant le développement de huit ports secs. Outre la ville du 10 Ramadan, des infrastructures similaires sont envisagées à 6th of October City, New Damietta, New Borg El Arab, New Beni Suef, New Sohag, Sadat City et El Tor. Ces projets visent à constituer un réseau portuaire intégré, en ligne avec la stratégie nationale portée par Le Caire à l’horizon 2030.
Celle-ci prévoit un investissement global d’environ 300 milliards de livres égyptiennes (environ 5,648 milliards USD) pour le développement du secteur maritime, articulé autour de trois axes : l’extension des infrastructures portuaires avec près de 70 km de quais supplémentaires (d’une profondeur de 18 à 25 mètres) et une superficie totale portée à plus de 100 millions de m² ; le renforcement de la flotte nationale, appelée à atteindre 40 navires ; et la consolidation de partenariats stratégiques avec les principaux opérateurs internationaux du transport maritime.





















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