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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 29 Avril 2026 à 10:04

Cette migration s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du programme THAMM+, un dispositif qui vise à répondre aux besoins du marché du travail français tout en soutenant l’emploi et la montée en compétences en Tunisie.

Le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi a annoncé que près de 2500 travailleurs tunisiens devraient rejoindre la France à l’horizon 2029 dans le cadre de la deuxième phase du programme THAMM+.

Le programme est financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par l’Organisation internationale du travail (OIT). Il vise à renforcer l’employabilité et à faciliter des parcours de mobilité réguliers et durables entre l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et l’UE, ouvrant l’accès à des emplois décents.

S’exprimant dans un entretien accordé à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), M. Leschi a précisé que ce programme entend concilier les besoins en main-d’œuvre en France avec les enjeux d’employabilité en Tunisie. Les secteurs ciblés sont notamment l’agriculture, l’industrie, le transport, l’aide à la personne et la restauration, où les tensions de recrutement restent élevées.

Le dispositif s’inscrit dans une logique de « migration circulaire », permettant aux travailleurs de profiter d’une expérience professionnelle en France avant de retourner en Tunisie avec des compétences renforcées. L’objectif, selon Didier Leschi, est d’éviter une fuite durable des talents et de promouvoir une coopération équilibrée entre les deux pays.

« Tout l’enjeu des flux migratoires, c’est d’avoir un rapport de confiance, sachant que les flux migratoires ne sont pas simplement à sens unique. […] Ce ne serait pas bon pour la Tunisie, et ce n’est pas bon pour la France. Donc, c’est dans les deux sens », a-t-il souligné.

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Un programme renforcé face aux défis de l’emploi

Le bilan de la première phase du programme (2022-2025) est jugé positif, avec 500 contrats de travail conclus en France et plus de 1000 personnes formées. Selon le directeur de l’OFII, il serait idéal de renforcer le dispositif, notamment en augmentant les volumes, en diversifiant les secteurs concernés et en améliorant la fluidité des procédures administratives, grâce à la digitalisation, pour une meilleure mise en œuvre de la phase 2 du THAMM+.

Ce programme s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur le marché du travail tunisien. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’élevait à 40,1 % au troisième trimestre 2025. Chez les diplômés de l’enseignement supérieur, il s’élevait à 24,9 %.

Dans ce contexte, la migration professionnelle encadrée apparaît comme un levier économique et social. Les transferts de la diaspora tunisienne ont atteint 2,13 milliards de dinars (734 millions de dollars) au 31 mars 2026, selon les données officielles.

Présent en Tunisie depuis les années 1960, l’OFII demeure un acteur clé de la gestion des flux migratoires légaux. En 2025, la Tunisie se distinguait parmi les pays du Maghreb par la délivrance du plus grand nombre de visas vers la France, avec 116 000 visas et 20 000 titres de séjour, a souligné Didier Leschi.

Interview vidéo ici : https://youtu.be/1BZsmT32EaI

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