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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Vendredi 10 Juillet 2026 à 16:14

Pour la première fois depuis dix-sept ans, un président de la République française s’est rendu en Syrie, à Damas, les 6 et 7 juillet 2026. Première visite d’un chef d’État occidental en Syrie depuis la chute du régime de B. al-Assad le 8 décembre 2024, elle faisait suite à la visite du président de la République arabe syrienne, A. al-Charaa, en France le 7 mai 2025, qui était également sa première en Occident. De nombreux contacts avaient par ailleurs pu être tissés dans l’intervalle, notamment au niveau des ministres des affaires étrangères des deux pays.

Le déroulement de la visite présidentielle a permis d’aborder de manière directe les enjeux économiques. 

À côté de la séquence politique et d’un temps d’échanges avec des représentants de la société civile, et malgré les deux détonations le matin du 7 juillet à proximité de l’hôtel où résidait la délégation, un « forum économique », « pour un partenariat économique durable » entre les deux pays, s’est tenu au Palais présidentiel. Les prises de parole des deux présidents, sur les enjeux et les défis du relèvement de la Syrie, ont été suivies par les interventions d’officiels syriens (le gouverneur de la Banque centrale, le ministre de l’Économie, le ministre des Télécommunications et le président de l’Autorité syrienne des investissements) ainsi que de patrons français présents, notamment celui de TotalEnergies et de CMA CGM. La délégation de représentants d’entreprises qui accompagnait le président français comptait une dizaine de personnes.

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À l’occasion de la visite, 15 accords ou protocoles d’entente ont été signés, dont 10 qui concernent le champ économique. 

Il s’agit d’accords sur le secteur financier (assistance technique de la France auprès de la Banque centrale syrienne), sur la coopération entre les deux conseils d’affaires franco-syriens, sur l’aviation civile (coopération entre les deux entités, française et syrienne, de l’aviation civile, ainsi qu’avec l’entreprise Thales sur l’aéroport de Damas et CMA CGM sur le fret aérien), sur les douanes (entre CMA CGM et l’Autorité syrienne), et sur des prospects d’entreprises (sur les hôpitaux avec Ellipse, les investissements avec Gide et la réhabilitation de Homs avec Novakamp). En particulier, l’entreprise française Matière pourrait réaliser un pont dans la région d’Idlib. Par ailleurs un accord-cadre sur les relations entre la France et la Syrie prévoit un volet de dialogue sur l’économie.

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Les défis économiques qu’il reste à la Syrie sont nombreux, et rendent d’autant plus nécessaire la mise en œuvre rapide de réformes. 

Après avoir mentionné la disponibilité de la France à soutenir les Syriens, après les longues années de conflit, le président français a évoqué le « choc de confiance » nécessaire pour favoriser le retour des entreprises et des investissements. Certains éléments, comme la remise en marche du financement de l’économie par un secteur bancaire sain, l’appui du Fonds monétaire international, ou la restructuration de la dette dans le cadre concerté du Club de Paris, font partie des garanties permettant d’envisager une reprise plus prompte. 

La stabilité du cadre réglementaire comme politique ainsi que la dimension sécuritaire ont été évoquées. Dans la foulée de la rencontre d’A. al-Charaa avec D. Trump en Turquie, à la suite de cette visite, les États-Unis ont annoncé que la désignation de la Syrie comme « État sponsor du terrorisme » serait levée dans les 45 jours.

Source Ambassade de France 

©Photos : Compte X Emmanuel Macron

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