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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 27 Août 2026 à 05:12

Alors que la course mondiale à l'IA désigne le capital humain comme facteur décisif, l’Algérie structure une réponse autour de la formation de masse, des infrastructures dédiées et une souveraineté technologique assumée.

Le talent, avant l’algorithme. C’est le choix que fait le gouvernement algérien en plaçant la formation au cœur de sa stratégie nationale d’intelligence artificielle. Le 5 août à Alger, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Kamel Baddari, a présidé la première réunion de coordination interministérielle consacrée à la mise en œuvre concrète du plan national d’IA. La rencontre a rassemblé des représentants de plusieurs ministères et organismes nationaux.

Concrètement, le plan repose sur 5 axes structurants. Le premier vise le développement de modèles d’IA gouvernementaux souverains et open source. Les autres portent sur les données, les infrastructures numériques, les compétences humaines et la modernisation de l’administration publique. L’objectif affiché est de s’affranchir des solutions étrangères et de sécuriser les données nationales.

Au coeur du dispositif, la formation. Lors de la Conférence nationale des universités le mois passé, Kamel Baddari a annoncé l’objectif de former 30 000 spécialistes en IA d’ici 2030. L’École nationale supérieure d’intelligence artificielle (ENSIA) implantée au pôle technologique de Sidi Abdallah en constitue le fer de lance. Elle délivre un diplôme d’ingénieur d’État en IA et sciences des données, à la fin d’un cursus de 5 ans. Inauguré en avril dernier, ce campus s’étend sur 87 hectares et regroupe 4 écoles nationales pour 20 000 places au total.

Le dispositif s’appuie sur des programmes parallèles déjà actifs. Le programme national « 7.77 » a été lancé plus tôt cette année par le ministère de la Poste et des Télécommunications. Il forme les citoyens de tous âges aux compétences numériques de base. À fin mai 2026, il comptait 64 508 inscrits à l’échelle nationale, dont 15 221 dans la seule wilaya d’Alger. Un programme national de formation en IA a été lancé en avril dernier. Il associe le ministère de la Formation professionnelle à celui de l’Économie de la connaissance.

La rentrée universitaire 2026-2027 amplifie la dynamique. Le parcours de chaque étudiant sera personnalisé par l’IA. Un modèle linguistique développé pour les universités algériennes épaulera les enseignants, aidant à créer des activités pédagogiques et à évaluer les travaux. Kamel Baddari a qualifié cette orientation d’entrée dans « l’ère de l’université intelligente et productrice de richesse ».

Le pari algérien s’inscrit dans une dynamique africaine documentée. Le rapport Global AI Diffusion Q1 2026 de Microsoft, qui mesure l’usage de l’IA par la population active, place l’Algérie au 9e rang africain. Quelque 13,2 % des actifs algériens utilisent déjà ces outils, devant le Maroc (11,7 %).

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