Un an après la signature de leur accord de coopération militaire, Abidjan et Rabat mettent en place un cadre annuel de suivi de leurs engagements. La première réunion de la commission mixte a notamment permis d’évaluer les actions menées et de préparer les priorités opérationnelles pour 2027.
La Côte d’Ivoire et le Maroc ont tenu les 16 et 17 septembre la première réunion de leur commission mixte, chargée d’assurer le suivi, l’évaluation et la coordination stratégique de leur coopération en matière de défense.
Cette coopération s’inscrit dans le prolongement de l’accord de coopération militaire conclu le 9 mai 2025 à Rabat. Le texte prévoit notamment des rencontres régulières entre les représentants des deux institutions de défense, avec une réunion annuelle organisée alternativement en Côte d’Ivoire et au Maroc.
Lors de cette première réunion, les deux parties ont abordé plusieurs volets de leur coopération, notamment dans les domaines de la formation, de la logistique et du renseignement, ainsi que l’élaboration de la feuille de route opérationnelle pour 2027.
D’après le communiqué du ministère ivoirien de la Défense, « cette session d’échanges s’achèvera […] par la signature d’un procès-verbal ». Au cours des travaux, les deux parties ont évalué les actions menées dans le cadre de la coopération, fait le point sur les connaissances acquises et examiné les perspectives de leur partenariat.
Ces dernières années, la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel, marquée par la montée des violences armées et de la criminalité transfrontalière, a accru la menace qui pèse sur les États côtiers d’Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, la situation est relativement stable, mais reste fragile face à la menace terroriste présente dans les régions frontalières du nord. Le pays doit également lutter contre la criminalité organisée, les trafics et l’orpaillage illégal.
D’après un communiqué du Conseil national de sécurité, la Côte d’Ivoire a connu une amélioration globale de sa situation sécuritaire au cours de la dernière décennie. L’indice moyen annuel de sécurité est passé de 3,6 en 2012 à 1,53 en 2025, soit une amélioration de 77,5 %, selon l’indicateur du Conseil national de sécurité.
Au Maroc, un rapport du Département d’État américain datant de 2024 indique que le pays reste exposé à des menaces sporadiques provenant d’individus isolés et de petites cellules, principalement inspirés par l’État islamique ou idéologiquement affiliés à ce groupe. Les autorités marocaines ont procédé à plusieurs arrestations en 2024. Le rapport souligne également que le pays « dispose d’une stratégie globale de lutte contre le terrorisme qui privilégie le développement économique et humain, tout en luttant contre le recrutement terroriste et en encadrant le secteur religieux ».
Réagissez à cet article