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#Agriculture #Engrais #Industrie #Sonatrach #ALGERIE
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 7 Octobre 2026 à 14:26

Les autorités algériennes cherchent à réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures, en structurant de nouvelles chaînes de valeur autour des minerais. Le projet de valorisation du phosphate s’inscrit dans cette optique, une partie de la production d’engrais devant être exportée vers des marchés extérieurs.

Le géant algérien des hydrocarbures Sonatrach a lancé, le 24 septembre, les travaux de construction du complexe de production d’engrais d’Oued Kebrit dans la wilaya de Souk Ahras, dans le nord-est de l’Algérie. Cette unité industrielle constitue le deuxième maillon du Projet de Phosphate Intégré (PPI) de Tébessa, un vaste programme destiné à transformer le phosphate extrait dans l’est du pays en engrais et en produits chimiques, avant leur acheminement vers les marchés.

Le PPI repose sur une chaîne industrielle intégrée en trois étapes. La première concerne l’extraction et l’enrichissement du phosphate dans la région de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. La deuxième porte sur la transformation chimique du minerai et la production d’engrais à Oued Kebrit, dans la wilaya voisine de Souk Ahras. La troisième comprend enfin les infrastructures nécessaires à l’acheminement et à l’exportation des produits finis depuis le port d’Annaba.

Le complexe d’Oued Kebrit constitue le principal maillon industriel de cette chaîne. Sa construction a été confiée à la société italienne Saipem, dans le cadre d’un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) signé avec Sonatrach en août 2026. Saipem interviendra sur les installations de transformation et de production d’engrais liées au projet de phosphate intégré.

Le complexe réunira plusieurs unités permettant de transformer le phosphate en différents types d’engrais. Il produira notamment du DAP, du MAP et du NPK, ainsi que des engrais azotés, en particulier de l’urée. Le site comprendra également des unités destinées à fabriquer les produits chimiques nécessaires à ces opérations, notamment de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et de l’ammoniac.

La capacité de production atteindra près de 3 millions de tonnes par an, dont 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et de 570 000 tonnes d’engrais azotés. Le gaz naturel algérien sera également intégré au processus industriel, notamment pour la production des engrais azotés et de certains produits chimiques.

Pour accélérer la réalisation du complexe, Sonatrach a retenu la formule EPC Fast Track. Trois de ses filiales participeront également aux travaux : la Société algérienne de réalisation de projets industriels (SARPI), la Société nationale d’ingénierie civile et de construction (GCB) et l’entreprise des Grands travaux pétroliers (GTP). Ce dispositif doit permettre de réduire les délais de construction du complexe.

De la mine au port, une chaîne industrielle intégrée

Mais cette unité de transformation ne constitue qu’un maillon du PPI. En amont, le programme commence dans la région de Bled El Hadba, à Tébessa, où sera construit un complexe consacré à l’extraction et à l’enrichissement du phosphate brut. Cette première étape prévoit une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes de phosphate brut par an. Le minerai extrait sera ensuite enrichi sur place afin de produire jusqu’à 3,2 millions de tonnes de phosphate concentré destiné aux unités de transformation chimique d’Oued Kebrit.

Le projet prévoit enfin un troisième volet consacré à la logistique et à l’exportation. Des infrastructures seront construites au niveau du port d’Annaba afin d’acheminer les engrais et autres produits finis vers les marchés extérieurs, pour les volumes qui ne seront pas absorbés par le marché algérien. La réalisation de ces infrastructures portuaires a été confiée à l’entreprise chinoise China Harbour Engineering Company (CHEC), dans le cadre d’un contrat signé en août 2026. Les travaux portuaires doivent ainsi assurer le débouché logistique des produits fabriqués dans le cadre du PPI.

À travers ce projet, l’Algérie cherche à mieux valoriser ses ressources phosphatières en développant sur son territoire les différentes étapes de leur transformation. Le PPI doit notamment permettre au pays de renforcer son approvisionnement en engrais tout en développant une offre destinée aux marchés extérieurs. Cette stratégie s’inscrit plus largement dans les efforts de diversification de l’économie algérienne au-delà des hydrocarbures. Le pays dispose d’importantes ressources phosphatières dans l’est du territoire, avec un potentiel géologique estimé à plus de 3 milliards de tonnes pour le bassin phosphatier oriental.

Le développement du PPI vise ainsi à transformer une partie de cette ressource minière en produits industriels à plus forte valeur ajoutée, plutôt qu’à se limiter à l’extraction et à la commercialisation du minerai brut.

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