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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 8 Octobre 2026 à 06:40

L’Irak étudie la possibilité de stocker une partie de son brut en Égypte afin de diversifier ses voies d’acheminement hors du détroit d’Ormuz

Les perturbations du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb poussent les producteurs du Moyen-Orient à repenser leurs itinéraires pétroliers. Les infrastructures égyptiennes, entre mer Rouge et Méditerranée, prennent ainsi une importance accrue dans la région.

L’Irak étudie la possibilité de stocker une partie de son brut en Égypte afin de diversifier ses voies d’acheminement hors du détroit d’Ormuz. L’information a été donnée par Salim al-Rikabi, porte-parole du ministère irakien du Pétrole, selon des propos rapportés dans la presse locale le 27 septembre. Le projet s’inscrit dans un dispositif qui pourrait, à terme, relier le sud de l’Irak à la Méditerranée via la Jordanie et le nord-est de l’Égypte.

Le porte-parole a indiqué que Bagdad examinait plusieurs propositions de participation à des projets de raffineries et de stockage hors d’Irak. L’Égypte, Oman et Singapour figurent parmi les destinations étudiées, le gouvernement devant encore sélectionner les options à retenir.

La piste égyptienne repose sur plusieurs étapes d’infrastructure. Selon le schéma actuellement étudié, le brut pourrait être acheminé via le futur corridor Bassora-Haditha jusqu’au port jordanien d’Aqaba, avant un éventuel prolongement vers Al-Arish, dans le nord-est du Sinaï. Le stockage en Égypte ne constitue donc pas encore une solution opérationnelle pour les exportations irakiennes.

Les perturbations d’Ormuz poussent Bagdad à multiplier les options

Les exportations irakiennes de brut par voie maritime ont fortement varié depuis le déclenchement, le 28 février, du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Elles sont passées d’environ 550 000 barils par jour en mars à 132 000 b/j en avril, puis à 98 000 b/j en mai, avant de remonter progressivement à 2,16 millions b/j en août.

C’est dans ce contexte que Bagdad examine des solutions de stockage et de commercialisation à l’étranger. À Oman, l’une des options est déjà encadrée par deux protocoles d’accord signés en septembre 2025 entre la State Oil Marketing Organization d’Irak (SOMO), OQ, anciennement Oman Oil Company, et sa filiale Oman Tank Terminal Company (OTTCO).

Le premier prévoit un partenariat stratégique pour développer un projet intégré de stockage de brut irakien dans la zone économique spéciale de Duqm. Le second confie à OQ Trading la commercialisation du pétrole irakien sur les marchés mondiaux, en s’appuyant sur ses capacités administratives et commerciales.

L’option omanaise dispose ainsi d’un degré de formalisation plus avancé que la piste égyptienne. Un partenariat est déjà formalisé à Duqm, tandis que le projet en Égypte dépend encore de la réalisation du corridor terrestre prévu par Bagdad.

L’Égypte offre un débouché potentiel vers la Méditerranée

L’intérêt des infrastructures égyptiennes s’inscrit dans un contexte régional marqué par les perturbations de plusieurs routes pétrolières. L’Arabie saoudite a notamment redirigé une partie de ses exportations vers la mer Rouge pendant la guerre avec l’Iran. Certains volumes ont transité par le canal de Suez ou par un pipeline égyptien reliant la mer Rouge à la Méditerranée.

Cette réorientation est intervenue alors que le détroit d’Ormuz était perturbé et que l’East-West Pipeline saoudien avait été endommagé. Les risques se sont également accrus autour de Bab el-Mandeb, après les avancées des Houthis au Yémen et les attaques contre des navires saoudiens depuis juillet.

Le 15 septembre au Caire, le prince héritier Mohammed ben Salmane et le président Abdel Fattah al-Sissi ont affirmé leur engagement en faveur de la liberté et de la sécurité de la navigation en mer Rouge et à Bab el-Mandeb. Aucun nouveau mécanisme précis n’a cependant été annoncé.

Pour l’Égypte, les perturbations en mer Rouge ont parallèlement réduit le trafic du canal de Suez et pesé sur ses recettes. Elles ont aussi replacé ses infrastructures reliant les deux façades maritimes au centre des réflexions sur les itinéraires pétroliers de la région. En ce qui concerne Bagdad, la question est désormais de savoir si ces infrastructures peuvent être intégrées à son propre dispositif d’exportation.

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