Intelligence artificielle, cybersécurité, cloud et développement logiciel figurent parmi les spécialités recherchées dans les technologies de l’information et de la communication. En Tunisie, l’adaptation des formations à ces besoins devient un axe de la politique d’employabilité.
La Tunisie veut adapter la formation professionnelle aux besoins des entreprises, notamment dans les télécommunications et l’intelligence artificielle (IA). Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et Tunisie Telecom ont signé, mercredi 14 octobre, une convention-cadre de cinq ans renouvelables pour développer les infrastructures numériques des centres de formation, installer des laboratoires d’IA et diversifier les modes d’apprentissage. L’accord confère à l’opérateur le statut de partenaire stratégique du ministère.
Douze laboratoires d’IA annoncés
Dans le cadre du partenariat, Tunisie Telecom accompagnera la mise en place de laboratoires d’IA dans les centres de formation professionnelle. Cette initiative rejoint le programme du ministère pour l’année 2026-2027, qui prévoit 12 laboratoires. Le premier a été inauguré le 17 septembre au centre de formation et d’apprentissage professionnel du Kef. L’opérateur contribuera aussi au raccordement des centres de formation, des bureaux de l’emploi et des structures régionales du ministère à Internet à haut débit. À Sers, le Centre de la jeune fille rurale accueillera des formations aux techniques de la fibre optique.
La convention porte aussi sur l’actualisation des programmes de formation en télécommunications afin de mieux les adapter aux compétences recherchées par les entreprises. Les apprenants pourront effectuer des stages pratiques dans les structures de l’opérateur et bénéficier de formations dispensées à distance. Un système d’apprentissage en ligne est prévu et devrait être hébergé et administré dans le centre national de données de Tunisie Telecom. Il combinera des cours à distance et des séances en présentiel. Des laboratoires virtuels utilisant la réalité virtuelle et la réalité augmentée permettront également de réaliser des expériences et des travaux pratiques à distance.
Des compétences recherchées en Tunisie et à l’étranger
Le partenariat intervient alors que la Tunisie cherche à mieux aligner ses formations sur les besoins des entreprises. Une étude présentée en juillet 2026 par le ministère de l’Emploi, réalisée avec l’Observatoire national de l’emploi et des qualifications et l’Organisation internationale du travail (OIT), estime que le secteur des technologies de l’information et de la communication emploie plus de 120 000 spécialistes dans le pays. Elle identifie notamment le développement logiciel, les applications web, l’ingénierie cloud, la gestion des données et la cybersécurité parmi les domaines où les compétences sont recherchées.
Les besoins concernent également les marchés étrangers. Selon cette même étude, l’Europe pourrait avoir besoin d’environ 10 millions de spécialistes des TIC d’ici 2030. Une cartographie publiée par l’OIT en septembre 2026 examine les besoins de cinq marchés européens — l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg — et les possibilités de rapprocher ces besoins des compétences disponibles en Tunisie.
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