L’Algérie veut transformer sur son territoire plus de la moitié de ses hydrocarbures. Le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab a fixé cet objectif le 17 octobre à Alger. Il présentait le programme du secteur devant la commission des finances de l’Assemblée populaire nationale, dans le cadre du budget 2027.
Le cap chiffré marque une nette accélération. Le ministre vise un taux de transformation et de valorisation supérieur à 50 % de la production, contre environ 32 % aujourd’hui. En effet, l’Algérie importe encore des produits issus de la transformation des hydrocarbures, pour une facture de 400 millions de dollars en 2024, contre 1 milliard de dollars en 2019. Le ministre a inscrit ce chantier dans un programme d’investissement de 71,6 milliards de dollars d’ici 2030.
Sur cette enveloppe, près de 13 milliards de dollars iront au raffinage. Arkab a cité la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud parmi les projets destinés à porter cette capacité de transformation.
Des usines déjà en chantier
D’autres unités accompagnent déjà ce projet. Plusieurs complexes industriels sont en construction, notamment des unités de production de polypropylène, à Arzew, dans l’ouest du pays. Le ministre avait évoqué en juin 2025 un portefeuille pétrochimique d’environ 7 milliards de dollars pour le quinquennat 2025-2029.
En 2024, l’Algérie a exporté environ 14 millions de tonnes de dérivés pétroliers, au-delà de la couverture de ses besoins internes, toujours selon les données ministérielles. Ce basculement illustre la trajectoire visée, celle d’un fournisseur de produits finis et non de matière première.
Cette stratégie s’appuie sur des revenus solides. Mohamed Arkab a indiqué que les recettes d’exportation d’hydrocarbures ont atteint 37,5 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2026, contre 31 milliards un an plus tôt sur la même période.
À ce stade, le ministre situe ce seuil à moyen terme, sans fixer d’année précise. L’année 2027 marquera une étape clé. Plusieurs des complexes pétrochimiques en construction doivent entrer en service d’ici fin 2027, selon le calendrier communiqué par Arkab en 2025. Leur démarrage rapprochera l’Algérie du seuil de transformation qu’elle s’est fixé.
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