Le colloque « Algérie, quelles transitions ? » s’est déroulé mardi 15 mars 2016 à l’IRIS. Retour sur les temps forts des différentes interventions.
Le colloque « Algérie, quelles transitions » organisé par l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) s’est déroulé le 15 mars 2016 à Paris.
Il a réuni de grands spécialistes de la situation politique, économique, social et géopolitique de l’Algérie parmi lesquels Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président de l’association France-Algérie et président de la fondation Res Publica, Smaïl Goumeziane, ancien ministre algérien du Commerce et Fatiha Talahite, économiste et chargée de recherche au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) du CNRS.
L’Algérie, un partenaire privilégié pour la France
En ouverture de ce colloque, Jean-Pierre Chevènement s’est réjoui de l’« embellie certaine » des relations franco-algériennes, tout en précisant que cet « élan spontané » ne devait pas être contrarié. Il a part ailleurs indiqué que l’Algérie « n’est pas n’importe quel autre pays » pour la France mais un partenaire avec une relation « spéciale ».
L’ancien ministre a ensuite souligné le rôle qu’à joué le président de la République Abdelaziz Bouteflika dans le retour de la paix dans ce pays après des années de terrorisme.
Pour Jean-Pierre Chevènement, l’Algérie a réussi à braver la zone de turbulence qui récemment a balayé le monde arabe car les algériens, a t-il dit, « aspirent à la stabilité et ne souhaite pas être entraîné dans une situation de troubles ».
L’Algérie : « une fenêtre d’opportunités »
Dans la première séance intitulée « Algérie, avec la fin de l’Etat providence : quelle situation économique et sociale ? », Fatiha Talahite a expliqué que les dispositifs mis en place par l’Algérie avaient pour objectif de faire face aux fluctuations et aux bouleversements que pouvaient connaître le marché pétrolier.
Si l’économiste estime que l’actuelle situation économique de l’Algérie reste une « fenêtre d’opportunités » pour les trois ans à venir, elle a dans le même temps regretté que le marché financier ne se soit pas davantage développé et que les dépenses publiques n’aient pas mieux été gérées.
Le point de vue défendu par Smaïl Goumeziane est sensiblement différent de celui de Fatiha Tahalite. Selon l’ancien ministre algérien du Commerce, l’Algérie exige la mise en place d’un système économique entièrement basé sur une économie diversifiée.
Pour Francis Perrin, président des Stratégies et politiques énergétique (SPE) et directeur de la rédaction Pétrole et gaz arabes et de la lettre OAG Africa, l’Algérie se trouve actuellement face aux problèmes de l’importante chute du prix des hydrocarbures et de l’augmentation de la consommation énergétique nationale.
L’Algérie, porteuse de paix
La seconde séance de ce colloque portait spécifiquement sur des questions diplomatiques et géopolitiques. Pour Hasni Labidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM), l’Algérie reste, en dépit des crises qui l’entourent, porteuse de paix mais un interlocuteur privilégié et « incontournable » dans la résolution de certains problèmes au Mali, en Tunisie et en Libye.
Une diplomatie qui, selon Karim A. Abderrahim, chercheur à l’IRIS, s’est revitalisé notamment grâce aux choix stratégiques et à l’expérience de l’actuel président de la République Abdelaziz Bouteflika. Pour rappel, ce dernier a été l’un des premiers chefs d’Etat à réagir face aux attentats du 11 septembre 2001.
Pour alle plus loin : extrait du colloque « Algérie 50 ans après l’indépendance : défis et perspectives » organisé à Sciences Po Paris le lundi 21 mai 2012 par l’association étudiante Sciences Po Monde Arabe dans lequel l’économiste Fatiha Talahite intervient (seconde partie de la vidéo).
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