La Santé en Algérie : un secteur malade
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Sami Bouzid
mercredi 21 février 2018 Dernière mise à jour le Mercredi 21 Février 2018 à 08:41

La grève des médecins résidents continue de secouer le pays depuis plusieurs semaines. Les revendications des professionnels sont nombreuses, mais le gouvernement tarde à apporter des réponses. Retour sur un système de santé qui peine à convaincre.

Les militants du CAMRA protestent sur Twitter sous le hashtag Balance_ton_hostodz

Un tas de poubelles en guise de vue, des malades au sol, des produits pharmaceutiques dans une bouteille de Pepsi… Les images relayées par le Collectif Autonome des Médecins Résidents Algériens (CAMRA) font froid dans le dos. La Santé est pourtant le quatrième secteur d’investissements dans le budget algérien. 

Mais le système reste encore sclérosé par des établissements de santé publique vétustes, et des conditions de travail très précaires. La sonnette d’alarme a été tirée à plusieurs reprises, depuis quelques semaines la tension entre les autorités et les grévistes est palpable. 
Dans un premier temps, les grèves des résidents étaient cycliques. Mais depuis le 4 janvier dernier, et la violente répression du Sit-in des médecins résidents du Centre hospitalier universitaire Mustapha Pacha à Alger, les professionnels de la santé et spécifiquement le CAMRA ne veulent pas en démordre. 

Les jeunes médecins résidents réclament de la part du gouvernement algérien des moyens supplémentaires, une prise en compte de la situation familiale avant affectation, une meilleure sécurité des lieux de travail, le droit aux œuvres de charité dû aux fonctionnaires, des gardes mieux répartis, et point clé l’abrogation du service civil et militaire obligatoire. Si certaines revendications semblent trouver une oreille attentive du ministère, une question semble cristalliser les deux parties : le service civil et militaire. 

Sur ce dernier point le ministère de la Santé est catégorique ” l’obligation de service civile a été institué par la loi 84-10 , et ne concerne pas seulement les médecins résidents, mais plusieurs corps d’Etat qualifiés “ en clair, le gouvernement n’envisage pas de légiférer. Une décision qui peut s’expliquer par le colossal budget alloué à la Défense du pays. Il représente à lui seul prés de 25% du budget de l’État. Plus éloquent encore, il pèse quasiment l’addition du budget de la Santé et de l’Éducation nationale. 

Un pansement cubain ?  

Pour pallier au manque de moyens, et éviter la grogne, le gouvernement algérien a surpris son monde en ayant recours à une solution… Originale. Échanger du pétrole contre des médecins. C’est le sens de l’accord signé le 31 janvier dernier entre les ministres de la Santé des deux pays. 
Ainsi Alger s’engage à subvenir aux besoins de La Havane en pétrole. Côté cubain, on s’engage à envoyer des médecins habitués à l’exercice de la profession dans des conditions précaires travailler dans le pays. Pour Cuba, ce n’est pas la première opération du genre, en 2004 déjà le pays avait envoyé plus de 13.000 médecins travailler au Venezuela en échange d’un baril à un prix plus avantageux. Caracas faisait face à ce moment-là à d’importantes grèves de ses praticiens sur la même base argumentaire que les professionnels algériens. Une signature d’accord qui intervient pendant les négociations avec les syndicats. 

Cette année, le budget global de la Santé est en stagnation (+0,86%) , il se situe autour de 2,8 milliards d’euros. Sa stagnation s’explique par l’austérité, car en réalité sur les dix dernières années le budget a été en constante augmentation. 

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