Maroc : Les enjeux et risques de la fluctuation du dirham
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Rédaction Ecomnews Med
mercredi 13 février 2019 Dernière mise à jour le Mercredi 13 Février 2019 à 06:57

Le 15 janvier 2018, le Maroc est passé à un régime de change flexible. La libéralisation du dirham, fortement encouragée par le Fonds Monétaire International (FMI), est censée renforcer la compétitivité de l’économie marocaine, non sans risquer d’augmenter le coût des importations. Un an après cette reforme, qu’en est il réellement ?

Le régime en vigueur au Maroc fixait la valeur du dirham à 40% sur le dollar et à 60% sur l’euro. Ce système dit « de parité fixe », a été abolit par la reforme du 15 janvier 2018.

Selon les experts de Bank Al Maghrib (la banque centrale marocaine), ce régime « devenait de moins en mois compatible avec l’internationalisation de l’économie marocaine ». Le FMI, quant à lui, estimait que les salaires marocains augmentaient plus rapidement que la productivité du travail, ce qui affectait négativement l’avantage du coût salarial marocain.

En janvier 2018 donc, le Maroc est passé à un régime flottant qui libérait le dirham de son lien avec l’euro et le dollar, pour le soumettre aux lois de l’offre et de la demande. 

Concrètement, selon l’économiste marocain Mehdi Lahlou, « cela signifie que la valeur du dirham par rapport à l’euro et au dollar va varier selon une bande de 2,5%, selon les humeurs du marché et le montant de devises étrangères mis à disposition (…) par la banque centrale ».

Les enjeux du régime de change flexible

A travers cette reforme, le Maroc visait principalement à équilibrer sa balance des paiements, structurellement déficitaire.

En effet, les exportations marocaines sont composées, en grande partie, de produits agricoles et miniers à faible valeur ajoutée. Tandis que la facture énergétique du royaume, dépourvu de réserves en hydrocarbures, ne cesse d’augmenter.

De plus, la part des produits manufacturés, et donc à plus haute valeur ajoutée, reste marginale dans les exportations du pays.

L’autre enjeu de la réforme concerne le renforcement de l’attractivité du Maroc pour les investisseurs étrangers, notamment chinois, nouveau partenaire de premier plan pour le Maroc.

En effet, les exportations chinoises ont doublées en 10 ans, passant de 5 à 10%. En maitrisant la surévaluation du dirham, le Maroc permettra donc au géant asiatique de bénéficier pleinement de ses dividendes.

Les risques flottants

Si, à cette date, la reforme du régime de change s’est passée sans ombrages, aucune garantie n’existe pour le futur. Le parfait contre-exemple reste l’Egypte, dont la monnaie a fortement dévaluée suite à une réforme similaire, causant une panique générale sur les marchés.

Le risque est donc bien réel, d’autant que Maroc reste à la merci des marchés internationaux de l’énergie fossile, énergie qui se paye principalement en dollar américain.

Une soudaine dépréciation du dirham entrainerait une augmentation des coûts des importations, principalement énergétiques, et, par effet domino, un plus grand déficit de la balance commerciale.

 

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