Maroc : Les investisseurs qui font des placements sur les produits financiers affichent un pessimisme quant aux perspectives économiques à long terme 
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Denys Bédarride
vendredi 26 juin 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 26 Juin 2020 à 14:47

Les choix des investisseurs marocains ciblant des produits financiers laissent ressortir une préférence pour les titres qui offrent des rendements fixes à court terme plutôt que les obligations à long terme, ou les actions. Ce sentiment est confirmé par la Banque centrale.

Des indicateurs publiés par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) permettent de constater que les investisseurs qui font des placements sur les produits financiers affichent un certain pessimisme quant aux perspectives économiques à long terme.

A fin mai 2020, les organismes de placement collectif de valeurs mobilières (OPCVM) qui ciblent les obligations à court terme ont enregistré une hausse de 1,16% contre un gain de seulement 0,78% pour les obligations à moyen et long terme.

Dans le même temps, les OPCVM qui sont investis sur des actions ont connu une performance de -16,8% et les diversifiés ont baissé de 5,3%.

La performance des OPCVM se mesure généralement au niveau des souscriptions qu’ils reçoivent des investisseurs et qui témoignent des attentes de ceux-ci. Les données ainsi présentées indiquent que sur la période en cours depuis début 2020, ces investisseurs ont préféré des obligations à court terme qui rapportent des rendements fixes.

Le rendement plus faible des obligations à long terme traduit le sentiment d’une crainte concernant les performances futures. Quant aux pertes sur les placements des actions, elles sont la preuve d’une crainte sur la capacité des entreprises à être rentables.

Ce sentiment des investisseurs marocains a été confirmé par Bank Al Maghrib, l’institution qui fait office de Banque centrale pour le Royaume. Au terme de la rencontre du 16 juin de son Comité de politique monétaire, elle a fait savoir que sous l’effet de la pandémie de coronavirus, des restrictions imposées pour limiter sa propagation, et de la sécheresse l’économie marocaine enregistrerait une contraction de 5,2% en 2020 (sa plus forte baisse depuis 1996).

Les entreprises dont les revenus dépendent de la chaîne de valeur des exportations sont les plus vulnérables. Les données de Bank Al Maghrib font savoir que le secteur a connu une baisse de 15,4% de ses revenus.

L’institution prévoit une sortie de crise en 2021. Mais les projections de croissance au cours de cette année-là (4,1%) ne suffiront même pas à effacer les pertes de 2020. 

Reste désormais à savoir jusqu’où le marché de court terme peut servir de refuge, au regard de sa taille relativement modeste comparée à la demande potentielle.

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