Israël : Le Malawi devrait être le premier pays africain à ouvrir une ambassade à Jérusalem 1
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Denys Bédarride
mercredi 17 mai 2023 Dernière mise à jour le Mercredi 17 Mai 2023 à 15:20

Le rapport de l’OCDE sur l’économie d’Israël en 2023 met en évidence la robustesse de la reprise israélienne après la crise sanitaire et la solidité des fondamentaux économiques du pays, ce qui dénote une bonne capacité d’absorption des chocs externes par Israël (COVID d’abord, guerre en Ukraine ensuite). Les réserves de la banque d’Israël représentent encore plus de 37% du PIB.

Il ressort toutefois un certain nombre de faiblesses structurelles liées au caractère dual de la société israélienne qui induit une économie à deux vitesses. Plus récemment, le risque politique intérieur est venu renforcer certaines faiblesses :

1) L’écart de productivité entre Israël et la moyenne des pays de l’OCDE (-30%) ne se résorbe pas de manière satisfaisante malgré l’importance du secteur « high tech » (15,4% du PIB et environ 12% des emplois) dont les performances sont supérieures à la moyenne OCDE. La valeur ajoutée par travailleur dans la « high tech » est de 140 000 USD contre 80 000 USD en moyenne nationale (120 000 pour la moyenne OCDE).

2) Sur le long terme, les dépenses de défense d’Israël ont tendance à baisser en valeur relative. On les situe généralement un peu au-dessus de 6% du PIB. Depuis quatre ans, cette baisse est compensée par une hausse des dépenses consacrées aux infrastructures. Israël a un retard marqué dans ce domaine puisque son stock d’infrastructures ne dépasse pas 50% du PIB contre près de 70% pour la moyenne des pays membres de l’OCDE. Cela offre des opportunités aux entreprises françaises impliquées dans la conception, la réalisation ou la gestion des infrastructures. L’effort de financement des infrastructures (notamment transports et télécommunications) devra se renforcer si Israël veut rattraper son retard et suivre l’évolution de sa démographie (+2% de croissance par an). Cela implique probablement une modernisation de la politique fiscale. 

3) A ce stade on estime que les dépenses budgétaires primaires d’Israël sont de l’ordre de 35% du PIB, la proportion la plus basse de l’OCDE (après celle de l’Irlande) ; en France elles sont d’environ 55%. Cela trahit quelques faiblesses, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Les dépenses de santé (avant le COVID) ne dépassent pas 7% du PIB ce qui place Israël dans le dernier décile des pays membres de l’OCDE. 

Les indicateurs (espérance de vie, taux d’emploi, performances scolaires) laissent aussi apparaître des distorsions importantes entre les groupes sociaux. Par rapport à ceux des « hommes juifs israéliens », les revenus du travail sont en moyenne inférieurs de 49% chez les hommes arabes et de 71% chez les hommes ultra-orthodoxes. A moyen ou long terme (2050), les groupes sociaux les plus pauvres représenteront presque la moitié de la population. 

Si leur implication dans l’économie productive n’est pas améliorée, cela pourrait avoir pour conséquence un déclassement économique d’Israël. 

Source Ambasade de France en Israël

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