Deuxième fruit exporté par l’industrie agrumicole après la mandarine, l’orange a enregistré en 2024/2025 des performances qui laissent entrevoir une relance de la filière.
Au Maroc, la filière agrumes a exporté 84 600 tonnes d’oranges d’une valeur de 61 millions $ au terme de la campagne de commercialisation de 2024/2025, selon les données compilées par le site spécialisé East Fruit. Le stock annoncé affiche une hausse de 38 % par rapport à la campagne précédente et signe une deuxième année de hausse consécutive depuis 2022/2023.
Pour expliquer cette embellie, East Fruit met en avant la demande soutenue sur les marchés traditionnels. Il faut noter, par exemple, qu’à l’exception des USA, les expéditions vers les neuf autres principales destinations ont toutes augmenté d’une année sur l’autre. « Les exportations vers le Canada ont bondi de 65 % […] les exportations vers le Royaume-Uni ont été multipliées par sept, celles vers l’Arabie saoudite par cinq et celles vers l’Espagne par trois », rapporte la même source.
Au-delà de l’appétit croissant pour l’orange marocaine sur le marché international, l’embellie à l’export peut être aussi attribuée au soutien public dont bénéficie la filière. En mai dernier, par exemple, le gouvernement marocain a en effet entériné l’entrée en vigueur d’un nouveau mécanisme d’appui à l’exportation des agrumes frais, applicable sur cinq campagnes agricoles de 2024 à 2028. Ledit mécanisme prévoit l’octroi d’une prime forfaitaire de 1 000 dirhams (107,7 $) par tonne d’agrumes exportée à destination de l’UE, du Royaume-Uni et de certains pays africains.
Une dynamique de croissance qui devrait freiner en 2025/2026
Si les résultats des deux dernières campagnes de commercialisation suggèrent une relance de la filière marocaine, les attentes pour la campagne en cours sont plus modérées. Dans son dernier rapport publié sur le marché marocain des agrumes le 17 décembre dernier, le Département américain de l’Agriculture (USDA) table ainsi sur une stagnation des volumes d’oranges destinées à l’exportation à 85 000 tonnes pour le compte de la campagne 2025/2026 en cours.
Pour expliquer cette projection, l’organisme américain met en avant les défis liés à la sécheresse et à la pénurie d’eau qui affectent la production ainsi que la forte concurrence sur le marché international.
« Les exportateurs marocains continuent de faire face à une concurrence intense de la part de l’Égypte et de la Turquie, où les coûts de production sont nettement plus bas. Dans le cas de l’Égypte, un taux de change favorable a renforcé la compétitivité des prix, permettant des exportations à des tarifs plus bas, tandis que les coûts de main-d’œuvre plus élevés au Maroc et les contraintes persistantes liées à l’eau, pèsent sur la production », peut-on ainsi lire dans le rapport.





















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