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#IntelligenceArtificielle #Technologie #MAROC
Agence Ecofin
vendredi 16 janvier 2026 Dernière mise à jour le Vendredi 16 Janvier 2026 à 17:48

Dans un contexte de montée en puissance de l’intelligence artificielle en Afrique, le Maroc cherche à formaliser une stratégie capable d’appuyer le développement économique, la modernisation administrative et le positionnement compétitif du pays.

Le Maroc s’apprête à dévoiler officiellement sa feuille de route « Maroc IA 2030 », un cadre stratégique conçu pour structurer l’écosystème national de l’intelligence artificielle. Attendue ce mois de janvier, cette initiative a pour objectif d’exploiter pleinement le potentiel de l’IA afin de moderniser les services publics, améliorer l’interopérabilité des systèmes numériques et renforcer la compétitivité économique, a précisé la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, en amont de l’événement « AI Made in Morocco », ouvert le lundi 12 janvier à Rabat.

Selon la ministre, la stratégie « Maroc IA 2030 » structure une approche globale autour de priorités claires : garantir l’indépendance technologique, instaurer un climat de confiance autour des usages, développer les compétences nationales, soutenir l’innovation locale et assurer une couverture équilibrée sur l’ensemble du territoire. Au cœur du dispositif figurent la création des Al‑Jazari Institutes, un réseau national de centres d’excellence dédiés à l’IA, qui seront chargés de rapprocher la recherche académique, l’innovation technologique et les besoins des acteurs économiques régionaux.

Ce cadre s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale « Digital Morocco 2030 », lancée en septembre 2024, qui place l’intelligence artificielle au centre de la transformation numérique du royaume. Cette stratégie vise notamment à générer plus de 240 000 emplois numériques d’ici 2030 et à faire contribuer le numérique à hauteur d’environ 10 milliards de dollars au PIB national. Le contexte international et régional est aussi un moteur pour cette ambition. En 2025, le Maroc a progressé de 14 points dans l’indice de préparation des gouvernements à l’IA, atteignant la 87ᵉ place mondiale et la 8ᵉ au niveau du Moyen‑Orient et de l’Afrique du Nord, selon les autorités.

Cette progression se traduit par des actions concrètes : la création d’une direction générale dédiée à l’IA et aux technologies émergentes, chargée de piloter la politique publique en la matière, et la mise en place prochaine d’un pôle numérique régional arabo‑africain en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), destiné à devenir une plateforme d’innovation numérique durable.

À l’échelle africaine, le Maroc n’est pas isolé dans cette démarche. Plusieurs pays du continent, tels que l’Égypte, le Rwanda et le Kenya, ont lancé leurs propres stratégies nationales d’IA ou renforcé leurs cadres institutionnels pour accélérer l’adoption de l’IA dans l’économie et les services publics. Ces démarches incluent la création de centres d’excellence, des initiatives de formation et des cadres réglementaires destinés à encourager l’innovation responsable.

Si la stratégie est pleinement mise en œuvre, les effets pourraient être multiples : le renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine, la création d’emplois qualifiés, l’amélioration de l’efficacité des services publics grâce à des systèmes plus intelligents, et une position renforcée sur la scène technologique continentale et mondiale.

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