La Libye s'engage dans un partenariat stratégique pour le port non pétrolier de Misrata, afin de moderniser ses infrastructures et d'affirmer son rôle central dans le commerce régional et méditerranéen.
Le 18 janvier, le gouvernement libyen a annoncé la signature d’un partenariat stratégique de 2,7 milliards USD pour le développement du terminal non pétrolier du port de Misrata. L’accord, qui implique des sociétés qataries, italiennes et suisses, vise à porter la capacité de la plateforme à 4 millions de conteneurs par an, contre 685 000 EVP (équivalents vingt pieds) traités en 2025, soit une hausse de plus de 22 %.
Le projet inclut la création de nouvelles zones de chargement, la modernisation des quais et le renforcement des infrastructures de stockage de ce port, qui assure 60 à 65 % du trafic conteneurisé du pays. L’objectif est d’améliorer les flux, de réduire les délais de traitement et de mieux répondre aux besoins des entreprises locales et internationales. Les autorités ambitionnent ainsi de positionner Misrata au centre de la concurrence logistique en Méditerranée occidentale, et de renforcer son rôle comme point de passage stratégique vers l’Afrique.
L’objectif est de faire générer au port 500 millions USD de recettes annuelles et créer 8400 emplois directs ainsi qu’environ 60 000 emplois indirects. Le projet devrait également soutenir le commerce régional et améliorer l’accès des entreprises libyennes aux marchés africains, contribuant à diversifier une économie jusqu’ici largement dépendante du pétrole, qui représente plus de 95 % du produit intérieur brut.
L’investissement sera entièrement apporté par les partenaires étrangers. Selon le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, cette structuration du financement sur des capitaux étrangers permettra d’éviter de mobiliser le budget national, tout en attirant l’attention internationale sur le potentiel logistique libyen. Il a précisé que le consortium MSC, un des leaders mondiaux du transport maritime par conteneurs, et le fonds qatari Al Maha Capital Partners sont au cœur de l’opération. La répartition exacte des montants n’a cependant pas été rendue publique.
« Ce projet n’améliore pas seulement la position de la Libye parmi les plus grands ports de la région, mais repose également sur un investissement direct étranger au sein d’un partenariat international complet. L’initiative traduit l’engagement du gouvernement à attirer des financements externes productifs, à moderniser les infrastructures et à transformer les actifs de l’État en plateformes générant des rendements durables », a commenté le dirigeant.
Pour sa part, le président de la zone franche de Misrata, Muhsin Sigutri, a déclaré que ce partenariat illustre « la détermination de la ville à construire des infrastructures modernes et compétitives à l’échelle internationale, capables de soutenir l’emploi local et d’ouvrir de nouveaux secteurs industriels ».
Situé à 200 kilomètres à l’Est de Tripoli, le port de Misrata joue un rôle important dans l’économie locale. L’amélioration des capacités y améliorera la productivité, stimulera l’activité industrielle et attirera potentiellement de nouveaux investisseurs et de nouvelles lignes commerciales, renforçant son rôle stratégique dans les échanges méditerranéens, reliant l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Aucun calendrier ni feuille de route opérationnelle n’ont cependant encore été communiqués.





















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