La Somalie cherche activement son premier gisement d’hydrocarbures. Le pays mène des activités d’exploration à la fois à terre et en mer. Le premier forage offshore avait été annoncé début octobre 2025.
La Turquie a envoyé son navire de forage deep-sea Çağrı Bey vers la Somalie pour mener une opération d’exploration pétrolière en haute mer. L’annonce a été faite par le ministère turc de l’Énergie et des Ressources naturelles. Il s’agit de la première mission de forage en eaux profondes conduite par Ankara en dehors de ses propres zones maritimes.
Le navire a quitté le port de Taşucu, dans la province de Mersin, le 15 février. La cérémonie de départ s’est tenue en présence du ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, ainsi que de responsables somaliens en charge des ports et des hydrocarbures.
Selon le ministère, le forage doit débuter en avril prochain sur le puits baptisé Curad-1, situé à environ 370 kilomètres au large de Mogadiscio. Le choix du site repose sur des données sismiques collectées auparavant par le navire de recherche Oruç Reis dans trois blocs offshores somaliens.
D’après la même source, le trajet vers la zone de forage devrait durer environ 45 jours. En raison de contraintes techniques, le navire contournera le canal de Suez. Près de 180 personnes sont mobilisées à bord. Des unités de la marine turque accompagnent l’opération pour assurer sécurité et soutien logistique.
Des relevés sismiques aux forages en haute mer
Depuis fin 2024 et tout au long de 2025, la coopération énergétique entre la Turquie et la Somalie s’est traduite par une série d’initiatives dans l’exploration pétrolière et gazière, en mer puis à terre.
En octobre 2025, les autorités somaliennes ont annoncé le lancement prévu d’un premier forage en mer, après plusieurs années sans découverte commerciale à terre. Selon les informations relayées à l’époque par Agence Ecofin, ce forage devait permettre d’évaluer le potentiel des blocs offshore somaliens.
En amont, des études sismiques avaient été programmées pour identifier les zones prospectives. La Turquie avait indiqué en avril 2024 qu’elle mènerait des activités de recherche d’hydrocarbures en Somalie en 2025, ouvrant une première phase de collecte de données géologiques en mer.
Les deux pays ont également développé leur coopération notamment avec la signature en avril 2025 d’un accord d’exploration et de production onshore entre la Turkish Petroleum Corporation (TPAO) et la Somali Petroleum Authority. Cet accord prévoit des activités d’exploration, incluant des relevés sismiques puis des forages, dans trois champs terrestres couvrant environ 16 000 km² en Somalie.
À la recherche d’un premier gisement pétrogazier commercial
Ces avancées s’inscrivent dans le cadre d’un accord de coopération sur les hydrocarbures, paraphé en mars 2024 entre les gouvernements turc et somalien, portant sur la recherche et la production de pétrole et de gaz. Cet accord encadre la participation d’acteurs turcs aux activités d’exploration et de développement en Somalie.
Depuis plusieurs années, la Somalie cherche à identifier un gisement pétrogazier commercial sur son territoire. Outre la Turquie, une coopération énergétique avec l’Azerbaïdjan a été évoquée en mars 2025. Cinq ans plus tôt, en 2020, le pays avait signé des accords avec les compagnies américaines Shell et Exxon Mobil pour l’exploration de pétrole et de gaz.
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