Confrontée à un niveau élevé de dette publique (84 % du PIB en 2024/25), l’Égypte a publié, le 1er février 2026, sa stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2029, élaborée en lien avec le FMI et la Banque mondiale.
À l’horizon 2028/29, la stratégie entend ainsi réduire le poids de la dette publique à 71-73 % du PIB ; allonger sa maturité moyenne à 4,5-5 ans (contre 3,5 ans actuellement) ; réduire la part de la dette extérieure à 20 % de l’encours total (contre 26 % en 2024/25), impliquant une baisse du stock de dette extérieure de 1 à 2 Mds USD par an ; et diminuer les besoins de financement bruts d’environ 10 % du PIB, estimés à près de 40 % du PIB en 2024/25.
Cette stratégie repose sur l’élargissement de la base d’investisseurs, l’approfondissement du marché intérieur et la diversification des sources de financement.
Sur le marché intérieur, le ministère des Finances prévoit notamment l’introduction de nouveaux instruments ciblant les investisseurs institutionnels et de détail, dont les sukuk en monnaie locale – qui ont permis d’attirer des financements du Golfe à des conditions favorables – ainsi que le développement des fonds monétaires et obligataires.
Sur le plan extérieur, les autorités entendent privilégier un recours accru aux financements concessionnels et semi-concessionnels (63 % du stock de dette extérieure à ce jour), tout en contenant les émissions obligataires internationales. Elles prévoient également de développer les opérations de conversion de dette bilatérales et commerciales, ainsi que les instruments de dette durable (Panda bonds, obligations vertes souveraines, etc.).
L’amélioration récente du portefeuille de dette et des conditions de financement est encourageante.
Après un pic à près de 96 % du PIB en 2022/23, la dette publique a été ramenée à 84 % du PIB en 2024/25, portée par un repli conjoint de la dette intérieure (62 % du PIB) et extérieure (22 % du PIB). La structure du portefeuille a évolué en faveur de la dette intérieure libellée en livre égyptienne, qui représente désormais près des trois quarts de l’encours total, contribuant à réduire le risque de change et donc de défaut, et à soutenir l’approfondissement du marché local.
Cette réorientation ne s’est pas traduite par un effet d’éviction du secteur privé, dans un contexte de reprise de l’activité. Ces évolutions, combinées à l’amélioration du cadre macroéconomique (croissance à 4,4 % en 2024/25, contre 2,4 % sur l’exercice précédent), se sont traduites par une détente marquée des conditions de financement, comme en témoigne le net recul des rendements des euro-obligations égyptiennes (-8,35 % sur les maturités courtes et -6,44 % sur les maturités intermédiaires) ainsi que des CDS souverains, revenus en janvier 2026 à leurs plus bas niveaux depuis 2022 (-1 159 pdb à 5 ans et -1 206 pdb à 10 ans).
Cette amélioration s’est également matérialisée par le succès de la première émission internationale de sukuk en USD d’octobre 2025, structurée en deux tranches et sursouscrite plus de cinq fois, avec un rendement inférieur à celui observé sur le marché secondaire.
Source : Ambassade de France au Caire





















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