Avec l’escalade militaire entre les USA, Israël et l’Iran qui a débuté vers la fin février 2026, un climat d’insécurité règne au Moyen-Orient. Ce conflit perturbe les flux de navigation dans la région, suscitant des préoccupations quant à ses répercussions sur les marchés de nombreux produits.
Les USA explorent le Maroc comme source alternative afin de diversifier leurs approvisionnements en engrais et limiter leur exposition aux perturbations des flux en provenance du Golfe. C’est ce que rapporte Reuters le 17 mars, citant Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison-Blanche.
« Nous avons établi des licences pour que le Venezuela produise davantage d’engrais. Nous avons eu des discussions avec le Maroc », a-t-il expliqué, qualifiant cette démarche de « police d’assurance contre les perturbations » pour les agriculteurs américains.
Il faut noter que depuis la fin du mois de février, l’escalade militaire entre les USA, Israël et l’Iran crée un climat d’insécurité dans la région du Moyen-Orient. C’est dans ce contexte que l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage maritime entre le golfe Persique et la mer d’Arabie crucial pour le marché des engrais et la sécurité alimentaire mondiale, aux navires de pays ennemis.
Selon une étude publiée le 10 mars par ONU Commerce et Développement (CNUCED), environ un tiers du transport maritime mondial de fertilisants (soit près de 16 millions de tonnes) passe par ce détroit. Ce volume comprend 67 % d’urée, qui est l’engrais azoté le plus utilisé au monde, 20 % de phosphate diammonique (DAP), l’engrais phosphaté le plus répandu et 9 % de dihydrogénophosphate d’ammonium.
La situation inquiète particulièrement Washington, d’autant plus que le poids des pays du Moyen-Orient dans ses approvisionnements en engrais est non négligeable. Les données compilées sur la plateforme Trade map montrent par exemple qu’en 2024, les USA ont importé pour près de 9,3 milliards $ d’engrais sur le marché international, dont environ 22 % (soit 2 milliards $) achetés dans les pays du Moyen-Orient.
Une aubaine pour les recettes d’exportations marocaines
Si les discussions avec le Maroc aboutissent, elles pourraient se traduire par une augmentation des volumes d’engrais importés par les USA depuis le pays d’Afrique. En effet, le royaume chérifien figure déjà sur la liste des fournisseurs d’engrais de Washington, mais sa contribution est encore marginale.
Les données compilées sur la plateforme Trade Map montrent qu’en 2024, les USA ont importé pour près de 195 millions $ d’engrais depuis le Maroc, ce qui représente seulement 2,2 % de leurs achats totaux réalisés sur le marché international cette année.
Il faut rappeler que le Maroc est le principal exportateur d’engrais en Afrique et détient ainsi une opportunité de conforter sa position. En 2024, le royaume chérifien a engrangé près de 6,68 milliards $ de recettes grâce à ses expéditions d’engrais effectuées sur le marché international, dont 78,8 % d’engrais composés (constitués d’au moins trois éléments fertilisants N, P et K) et 21 % d’engrais phosphatés selon Trade Map. Le reste provient des exportations d’engrais azotés et potassiques.





















Réagissez à cet article