Face à une demande intérieure en hausse, l’Égypte multiplie les partenariats pour sécuriser ses approvisionnements pétroliers, tandis que l’Algérie cherche à consolider ses débouchés d'exportation.
Le 5 mai 2026, l’Algérie et l’Égypte ont engagé un renforcement de leur coopération énergétique avec la signature d’un protocole d’accord entre la société publique algérienne des hydrocarbures, Sonatrach, et son analogue égyptienne EGPC. Une entente qui ouvre la voie à des exportations de brut et de produits pétroliers algériens vers le marché égyptien.
Cette convention conclue dans un contexte de rapprochement entre Alger et Le Caire, ne constitue pas encore un contrat commercial ferme. Elle établit un cadre de négociation destiné à définir les volumes, les conditions de livraison, et la durée des futurs accords. L’objectif affiché est de mettre en place, à terme, des flux réguliers d’exportations d’hydrocarbures entre les deux pays.
Les discussions portent à la fois sur le pétrole brut, notamment la variété Sahara Blend, et sur des produits pétroliers raffinés tels que le gasoil ou l’essence. Le brut algérien présente des caractéristiques adaptées aux raffineries égyptiennes, notamment une faible teneur en soufre, tandis que la proximité géographique entre les deux pays constitue un avantage logistique important.
« Cet accord s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération fraternelle privilégiées entre l’Algérie et l’Egypte, en concrétisation des orientations des chefs d’État des deux pays », a indiqué le ministre algérien de l’énergie, Mohamed Arkab.
Une recomposition des équilibres énergétiques en Afrique du Nord
Cette initiative survient dans un contexte énergétique en mutation pour l’Égypte. Longtemps exportateur net de pétrole, le pays est progressivement devenu importateur, sous l’effet combiné d’un déclin relatif de certains gisements matures, et d’une consommation intérieure en forte croissance. Pour répondre à cette évolution, les autorités cherchent à diversifier les sources d’approvisionnement, afin de sécuriser l’accès aux hydrocarbures nécessaires au fonctionnement de leur économie.
Du côté algérien, cette convention s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer les débouchés d’exportation et à consolider la position du pays sur le marché énergétique régional. Le groupe Sonatrach cherche à valoriser ses ressources en s’appuyant sur des partenariats commerciaux structurés, notamment sur le continent africain. Cette dynamique entre par ailleurs dans une logique plus large de développer les échanges énergétiques intra-africains. Les deux pays affichent une convergence d’intérêts autour du renforcement de la coopération régionale et de la sécurisation des approvisionnements énergétiques.
Au-delà de la dimension commerciale, le protocole d’accord traduit une évolution des équilibres énergétiques en Afrique du Nord. L’Égypte, confrontée à une demande croissante, renforce sa dépendance aux importations, tandis que l’Algérie, disposant de ressources significatives, cherche à élargir ses marchés. La concrétisation de du projet dépendra cependant de l’issue des négociations à venir.
Si les discussions aboutissent, le partenariat pourrait structurer un axe énergétique durable entre les deux pays, et contribuer à renforcer l’intégration des marchés pétroliers en Afrique du Nord. Il pourrait également offrir à Alger un débouché stable, tout en permettant au Caire de sécuriser une partie de ses besoins dans un environnement énergétique international devenu instable.





















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