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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 15 Juin 2026 à 07:36

Longtemps concentrés sur le littoral méditerranéen, les investissements algériens dans le ferroviaire se déplacent progressivement vers le Sahara. Une orientation qui reflète le poids croissant des enjeux miniers et commerciaux dans la stratégie économique du pays.

L’Algérie prévoit de lancer d’ici fin septembre les travaux de construction de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset, un projet stratégique destiné à renforcer l’intégration économique du Sahara et à soutenir les ambitions de diversification économique du pays. Le calendrier a été arrêté le lundi 1er juin lors d’une séance de travail présidée par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune.

Longue de 2 039 km et appelée à traverser une dizaine de villes, la future ligne constitue l’un des plus importants investissements dans le transport ferroviaire engagés par l’Algérie ces dernières années. D’après l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), elle vise à améliorer la connectivité entre le nord du pays et les vastes territoires sahariens, où se concentrent d’importantes ressources énergétiques et agricoles.

Selon les autorités, les travaux seront répartis en trois principaux lots : Ouargla – In Salah, In Salah – Tamanrasset et Tamanrasset – In Guezzam, à proximité de la frontière nigérienne. Au-delà de l’enjeu de mobilité, l’infrastructure s’inscrit dans la stratégie algérienne de valorisation des ressources minières. Le gouvernement accélère en effet le développement de plusieurs projets extractifs, afin de réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures.

Alger prévoit notamment de démarrer les exportations du phosphate de Bled El Hadba à partir de mars 2027, après l’achèvement de la ligne minière reliant le gisement au port d’Annaba. Cette politique a déjà conduit à la mise en exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, soutenue par de nouveaux investissements ferroviaires et portuaires.

Pour la Banque africaine de développement, la future ligne Alger – Tamanrasset constitue l’épine dorsale d’un corridor transsaharien appelé à s’étendre vers les pays voisins. A terme, cette infrastructure pourrait renforcer les échanges commerciaux entre l’Afrique du Nord et le Sahel, tout en favorisant la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Le projet s’inscrit aussi dans un programme plus large de modernisation du réseau ferroviaire national. Dans le cadre du plan de développement d’un système de transport multimodal intégré, l’Algérie ambitionne de porter son réseau ferré à 15 000 km d’ici 2030. Un programme d’investissement de 378 milliards dinars (environ 2,8 milliards USD) a notamment été annoncé pour moderniser les infrastructures existantes, renouveler le matériel roulant et renforcer la qualité des services ferroviaires.

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