Au Maroc, les fruits occupent une place importante dans les exportations agroalimentaires. Le secteur, notamment la filière des fruits rouges, suscite un intérêt croissant auprès des investisseurs, attirés par le potentiel de production et les débouchés à l’export.
Le groupe émirati Elite Agro Holding poursuit son expansion dans la filière fruitière au Maroc. Le 6 octobre dernier, l’entreprise a annoncé avoir signé un protocole d’accord avec l’Autorité arabe pour l’investissement et le développement agricoles (AAAID) pour la mise en place et le développement d’une exploitation agricole à Sidi Yahya, sur environ 400 hectares.
Ce projet représente un investissement de 140 millions de dirhams émiratis (environ 38 millions $). Selon un communiqué publié sur le site de l’entreprise, la future exploitation sera consacrée notamment aux cultures de myrtilles, de mandarines et d’avocats. Sa production est destinée à approvisionner à la fois les marchés nationaux et internationaux.
Une présence qui s’étend et se diversifie
Cette annonce intervient quelques mois seulement après une nouvelle étape dans l’expansion d’Elite Agro dans le pays. En juin, l’entreprise, à travers sa filiale Elite Harvest Maroc, avait inauguré une exploitation de 200 hectares à Kénitra, dédiée aux myrtilles et aux framboises. Le groupe comptait alors sept fermes au Maroc et déclarait avoir investi plus de 500 millions de dirhams émiratis dans le pays d’Afrique du Nord. Il présentait également le Maroc comme sa principale plateforme de production de fruits rouges.
La nouvelle exploitation de Sidi Yahya montre toutefois que la stratégie du groupe ne se limite pas aux baies. À travers ses différents sites implantés notamment à Kénitra, Sidi Yahya, Fès, ou encore Béni Mellal, Elite Harvest Maroc cultive également des grenades, des pommes, des poires, des pêches, des nectarines, du raisin, des cerises, des agrumes, des kakis et des prunes. Le projet annoncé en octobre élargit ainsi encore le portefeuille de productions fruitières du groupe.
Une fois opérationnelle, cette nouvelle exploitation contribuera également à renforcer les capacités marocaines de production fruitière destinées à l’exportation.
Les données compilées par l’Office marocain des changes montrent par exemple que les expéditions marocaines de fruits ont généré près de 18,9 milliards de dirhams (1,7 milliard $) en 2024, ce qui représente près du quart de la valeur totale des exportations d’alimentation, de boissons et de tabac du pays qui se sont établies à 81 milliards de dirhams cette année-là. Dans le détail, les fraises et les framboises ont compté pour environ 38,5 % de ces ventes de fruits, devant la catégorie des fruits frais ou secs, congelés ou en saumure (36,5 %) et les agrumes (25,1 %).
Cette orientation de la filière marocaine des fruits vers l’export bénéficie notamment de la proximité du Maroc avec l’Europe et du développement des infrastructures logistiques. Pour des produits périssables comme les fruits rouges, cette proximité permet de réduire les délais d’acheminement vers les principaux marchés européens.
Le projet d’expansion du groupe émirati Elite Agro intervient néanmoins dans un contexte où la contrainte hydrique reste un enjeu majeur pour l’agriculture marocaine, malgré l’amélioration des réserves d’eau enregistrée en 2026. La question est particulièrement sensible pour le nouveau projet de Sidi Yahya qui prévoit notamment la production d’avocats et de mandarines, deux cultures dont le développement dépend fortement de la disponibilité de l’eau.
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