Après la percée réalisée lors de la campagne 2023/2024, la filière marque un coup d’arrêt dans sa progression en 2024/2025.
En Égypte, la filière agrumes a placé 2,1 millions de tonnes de fruits sur le marché international au terme de la campagne de commercialisation de 2024/2025, signant une baisse de 12 % par rapport à la campagne précédente (2,39 millions de tonnes). C’est ce que rapporte le média spécialisé Freshplaza le 5 novembre, citant les données officielles de l’industrie.
Cette contre-performance est le fait du recul de la vente des oranges qui comptent pour près de 80 % des exportations. Entre septembre 2024 et juillet 2025, les exportations du fruit ont en effet chuté de 15 % pour s’établir à 1,66 million de tonnes.
Selon les acteurs de la filière, deux principaux facteurs permettent d’expliquer cette contre-performance. D’abord, la montée en puissance des activités industrielles sur le segment de la transformation pour la production de jus d’orange qui crée de la concurrence avec les exportateurs de fruits.
« Le recul des volumes d’oranges exportés, de l’ordre de 240 000 tonnes, est directement lié à la consommation d’oranges fraîches par les usines de concentré. Même si cela ne transparaît pas clairement dans les chiffres d’exportation, la consommation des usines a largement dépassé cet écart de 240 000 tonnes, et nous avons pu limiter la baisse des exportations grâce à une nette amélioration de la qualité des oranges », explique Eslam Gelila, un exportateur égyptien qui se confiait à Freshplaza.
Déjà au début de la campagne, le département américain de l’Agriculture (Usda) anticipait une croissance de 50 % de l’utilisation des oranges par le secteur de la transformation, en raison du prix attractif des concentrés d’orange sur le marché international et de l’entrée en service de nouvelles usines.
Ensuite, la concurrence des industriels a eu un effet domino en réduisant l’offre disponible pour les exportations et en occasionnant une flambée des prix du fruit, qui a affecté la demande de l’origine égyptienne sur certains marchés. « Pendant la majeure partie de la saison, les prix à l’exportation ont augmenté de 60 à 70 % par rapport à la précédente, et ont même doublé en mars 2025 […]. Les oranges égyptiennes étaient plus chères que les oranges espagnoles sur les rayons européens, une première selon moi », explique M. Gelila.
C’est dans ce contexte que l’Égypte a, par exemple, perdu sa place de leader des exportations sur le marché de l’UE. Les données compilées par l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) montrent en effet que les achats européens d’oranges en provenance du pays d’Afrique du Nord ont chuté de 30 % en 2024/2025.
La filière égyptienne reste toutefois optimiste pour la relance des exportations durant la prochaine campagne, en pariant sur une stabilisation des prix des concentrés de jus d’orange sur le marché international pour freiner l’élan des industriels.





















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