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#Energie #TotalEnergies #LIBYE
Agence Ecofin
lundi 2 février 2026 Dernière mise à jour le Lundi 2 Février 2026 à 05:58

Un accord sur 25 ans qui pourrait générer 370 milliards de dollars de recettes et marquer le retour du pays comme acteur énergétique majeur

Tripoli – La Libye a scellé samedi un partenariat stratégique majeur dans le secteur des hydrocarbures. Le gouvernement d’unité nationale a officialisé un contrat de 20 milliards de dollars avec le français TotalEnergies et l’américain ConocoPhillips, portant sur un quart de siècle d’exploitation pétrolière.

Un contrat XXL aux retombées colossales

Les montants en jeu donnent le vertige. Le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah a dévoilé les perspectives financières de cet accord : près de 370 milliards de dollars de revenus attendus d’ici 2050. Une manne financière entièrement autofinancée, sans recourir aux fonds publics de l’État, a-t-il précisé.

Cette annonce a été faite lors de l’inauguration du Sommet libyen de l’énergie et de l’économie dans la capitale. L’événement a réuni plusieurs figures internationales de premier plan, dont Massad Boulos, conseiller pour le Moyen-Orient du président américain Donald Trump, ainsi que des représentants turcs et égyptiens.

D’autres partenariats en préparation

Le gouvernement libyen ne compte pas s’arrêter là. Abdelhamid Dbeibah a révélé que des négociations avancées sont en cours avec le géant américain Chevron pour un projet d’exploration et d’expansion de la production. Un accord complémentaire avec l’Égypte visant à renforcer les services du secteur énergétique est également sur le point d’être conclu.

Washington voit la Libye comme un partenaire stratégique

Pour l’administration Trump, ce sommet représente bien plus qu’une simple rencontre commerciale. Massad Boulos y voit une opportunité pour faire de la Libye un partenaire économique majeur des États-Unis. Il a qualifié l’événement de tremplin potentiel pour permettre au pays de retrouver son statut de superpuissance énergétique mondiale.

Cette ambition semble à portée de main au vu des ressources du pays. La Libye détient les réserves pétrolières les plus importantes du continent africain, évaluées à 48,4 milliards de barils, et assure actuellement une production quotidienne d’environ 1,5 million de barils.

Un nouveau cycle d’exploration annoncé

Masoud Suleman, à la tête de la National Oil Corporation, a annoncé qu’un appel d’offres pour l’exploration pétrolière et gazière serait lancé en février. Cette initiative marque une volonté de renouer avec les grandes compagnies internationales après des années d’absence.

Le dernier appel d’offres du pays remonte à 2007-2008 et concernait principalement le gaz naturel. Depuis, l’instabilité chronique et les fluctuations de production ont éloigné les investisseurs étrangers. Les autorités libyennes tentent désormais de rassurer et d’attirer à nouveau ces acteurs mondiaux.

Un secteur miné par l’instabilité politique

Malgré ces perspectives encourageantes, le secteur énergétique libyen reste confronté à des défis considérables. Les questions de sécurité demeurent préoccupantes dans un pays fragmenté depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, renversé et tué lors d’une révolte appuyée par l’OTAN.

La division politique du pays complique également la donne. Deux gouvernements rivaux se disputent la légitimité : le gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par les Nations unies, et l’administration de Benghazi dans l’est, sous le contrôle du maréchal Khalifa Haftar et de sa famille.

Cette signature intervient donc dans un contexte où la stabilité reste fragile, même si les autorités de Tripoli cherchent à projeter l’image d’un pays prêt à redevenir un acteur incontournable sur la scène énergétique mondiale.

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