Selon le rapport « Frontier Technologies Readiness Index » publié en avril 2025 par la CNUCED, le Maroc se classe deuxième en Afrique en matière de préparation à l’adoption des technologies d’avant‑garde. La robotique figure parmi les 17 technologies de pointe de cette évaluation.
Le Maroc renforce ses capacités en médecine de haute technologie avec la création de la Mohammed VI Interventional Simulation and Robotic Surgery School (M6‑ISRSS), une école dédiée à la formation aux techniques de chirurgie robotique et de simulation interventionnelle. Inaugurée à Casablanca le vendredi 29 janvier par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, cette structure vise à répondre à une demande croissante de compétences spécialisées, quelques mois seulement après l’introduction du premier robot chirurgical dans le pays.
Implantée sur le campus Anfa City de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, la M6‑ISRSS propose des formations pour chirurgiens, infirmiers de blocs opératoires et ingénieurs biomédicaux. Elle repose sur des technologies de simulation avancées, des plateformes de réalité augmentée et des systèmes robotisés de dernière génération, permettant aux praticiens de maîtriser les gestes techniques et l’environnement robotique avant toute intervention réelle.
L’école accompagne également le premier diplôme universitaire de chirurgie robotique au Maroc et en Afrique, couvrant plusieurs spécialités (chirurgie générale, urologie, gynécologie et thoracique) et combinant apprentissage par simulation, stages hospitaliers et innovation pédagogique. Parmi ses missions figurent l’harmonisation des pratiques opératoires, la certification des compétences, le développement des expertises interdisciplinaires et le renforcement des capacités des établissements de santé.
Un marché mondial en forte croissance
Cette initiative s’inscrit dans un contexte mondial où la chirurgie robotique connaît une croissance rapide, portée par l’adoption accrue de technologies mini‑invasives et la demande croissante de précision opératoire. Selon Precedence Research, le marché global de la robotique chirurgicale était évalué à plus de 10,7 milliards USD en 2024 et pourrait atteindre près de 45,9 milliards USD d’ici 2034, avec un TCAC supérieur à 15 % sur la période 2025‑2034.
Le segment de la simulation robotique chirurgicale, qui constitue une part essentielle de la pédagogie mise en œuvre par la M6‑ISRSS, représente un marché mondial estimé à 438,47 millions USD en 2025 selon Marketgrowthreports. Il devrait passer à 500,3 millions USD en 2026 et atteindre 1,69 milliard USD d’ici 2035, soutenu par l’intégration de technologies telles que la réalité virtuelle et la rétroaction haptique.
Ces tendances traduisent une transformation profonde des pratiques médicales, avec une adoption accrue des systèmes robot‑assistés dans les hôpitaux avancés et les centres spécialisés. La robotique chirurgicale permet une plus grande précision, la réduction des incisions et du temps de récupération pour les patients, tout en améliorant les résultats pour les procédures complexes.
Cette montée en compétence s’appuie déjà sur des réalisations concrètes. En 2024, le Maroc a réalisé avec succès sa première opération chirurgicale robotique à distance entre Casablanca et Tanger. L’intervention, menée exclusivement par des médecins marocains, a illustré la capacité du pays à mobiliser des technologies de pointe et des expertises locales dans des conditions opératoires complexes.
Un enjeu de compétences à l’échelle africaine
Pour l’Afrique, où l’accès à ces technologies reste limité, le lancement de la M6‑ISRSS ouvre des perspectives importantes en matière de formation locale et de développement de compétences spécialisées. En formant les praticiens à la fois à la simulation interventionnelle et à la chirurgie robotique, le Maroc espère non seulement répondre à ses besoins nationaux, mais aussi devenir un pôle de référence continental dans ce domaine.
À terme, la M6‑ISRSS prévoit de déployer ses programmes à travers l’Afrique, en s’appuyant sur des partenariats nationaux et internationaux pour encourager la recherche, l’innovation technologique et l’intégration de nouvelles approches pédagogiques dans les sciences de la santé.





















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